© INTERNENous sommes le 18 décembre 1995 lorsque la police suisse lance un avis de recherche concernant 16 adeptes de la secte de l'OTS. Quelques jours plus tard, quatre voitures appartenant aux personnes disparues sont découvertes sur un parking près de Saint-Pierre-de-Chérennes (Isère), dans le massif du Vercors. Le lendemain, au lieu dit du "Puits de l'enfer" les seize corps, dont ceux de trois enfants, sont découverts calcinés, disposés en étoile et portant tous des impacts de balles. Près des corps, plusieurs armes sont retrouvées, armes dont deux revolvers, appartenant à deux policiers faisant partie des victimes. Une information judiciaire pour "assassinats et association de malfaiteurs" est alors ouverte. Le jour de noël, un habitant de St Pierre-de-Chérennes affirme avoir vu trois Mercedès immatriculées en Suisse traverser le village dans la nuit du 14 au 15.
Les résultats des autopsies permettent d'identifier les victimes, huit Suisses et huit Français, dont Edith et Patrick Vuarnet, ex-épouse et fils de l'ancien champion de ski Jean Vuarnet. Selon les enquêteurs, deux des adeptes, le policier français Jean-Pierre Lardanchet et l'architecte suisse André Friedli, auraient, dans la nuit du 15 au 16, exécuté puis brûlé leurs quatorze compagnons, abrutis par des sédatifs, avant de se donner la mort. Dans la crainte d'un nouveau massacre au sein de l'OTS, entre les 19 et 21 mars 1996 et sur commission rogatoire du juge chargé de l'enquête, Luc Fontaine, 37 adeptes de la secte sont interpellés dans toute la France.
En juin 1996, les gendarmes mettent un terme à l'enquête. Dans le même temps, le chef d'orchestre et compositeur franco-suisse Michel Tabachnik est mis en examen pour "association de malfaiteurs et recel", et placé sous contrôle judiciaire. Désigné comme un des dirigeants de la secte et soupçonné d'avoir tiré un profit financier de ses relations avec l'OTS, il nie avoir joué un rôle dans les massacres du Vercors et d'octobre 1994, en Suisse et au Canada. En février 1997, une nouvelle personne est mise en examen pour "participation à une association de malfaiteurs". Il s'agit de Claude Giron, un pharmacien de Brest soupçonné d'avoir été le principal fournisseur de médicaments de l'OT. Il est laissé en liberté.
Aller plus loin dans l'enquête
Le 17 novembre 1998, les parties civiles estimant "que la preuve d'absence d'intervention extérieure n'est pas apportée", elles réclament de nouvelles investigations. Quinze jours plus tard, la Cour d'appel de Grenoble annule une ordonnance désignant Jean-Luc Chaumeil comme expert, lui reprochant sa partialité. En février de l'année suivante, le juge ordonne un supplément d'enquête.
Le 18 novembre 1999, les familles des victimes, avisées fin octobre de la clôture de l'enquête, demandent une seconde fois de nouvelles investigations, notamment sur les mouvements de fonds de l'OTS. Le juge clôt son instruction et transmet le dossier au parquet de Grenoble, le 19 décembre. Trois mois plus tard, le 29 mars 2000, la Cour de cassation rejette une requête présentée par certaines parties civiles et demandant le dessaisissement du juge. Une requête semblable de M. Tabachnik avait été rejetée le 8 mars.
En juillet dernier, Michel Tabachnik, accusé d'avoir suscité une "dynamique homicide" est renvoyé en correctionnelle pour "participation à une association de malfaiteurs". Le juge prononce un non-lieu, fautes de charges suffisantes, en faveur de Claude Giron. Dernier élément en date : le 7 mars 2001, une expertise privée, réalisée à la demande de la famille Vuarnet, accrédite la piste de tueurs qui auraient échappé au massacre.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




