© INTERNELe niveau des eaux était stable vendredi, pour le deuxième jour consécutif, dans la vallée de la Somme où les infimes variations du niveau étaient essentiellement dues à la nature du terrain et au vent. Depuis le début des inondations, 85 communes ont été touchées, plus de 2.300 habitations inondées et 936 personnes évacuées. "Les maires préfèrent se signaler en préfecture, pour être certains d'être sur la liste des communes sinistrées. Mais la gravité des dégâts est très variable selon les communes et les habitants ne sont pas systématiquement évacués", a souligné la préfecture.
A Amiens, deux maisons ont été endommagées vendredi par de légers affaissements de terrain dans le quartier du Petit-Saint-Jean. A Montdidier, trois maisons ont subi des éboulements de terre imbibée d'eau et les habitants ont dû être évacués. Près d'Abbeville, un petit cours d'eau alimentant un élevage de 120 tonnes de truites a débordé dans la matinée, entraînant la fuite de 30 tonnes de poissons et la mort de 20 autres tonnes, par asphyxie. "Nous avons lancé un appel aux habitants, qui ramassent les animaux pour les consommer, leur demandant d'attendre les résultats d'analyses effectuées par les services de la DDASS", a indiqué Annick Carbonnier à la préfecture, précisant qu'il y avait vraisemblablement peu de risque sanitaire.
Epuisés
En attendant la décrue de la Somme, qui prendra au minimum plusieurs semaines selon la direction régionale de l'environnement (Diren) de Picardie, la vie tente de s'organiser dans les communes les plus touchées par les inondations, comme Fontaine-sur-Somme et Abbeville. "Dans cette vie déréglée, on a pris une sorte de rythme, un peu surréaliste. La sécurité civile effectue ses tournées, les secours apportent des couvertures et de la nourriture et les militaires aident aux déplacements, en barque", a expliqué Mme Carbonnier. Les habitants des zones sinistrées, dont certains ont les pieds dans l'eau depuis près de deux semaines, sont épuisés. "Il y a toujours un sentiment de colère et de rancoeur, parce qu'on cherche des responsables à ces dérèglements météorologiques, mais la fatigue gagne du terrain", indique-t-on à la cellule de crise.
Malgré les bonnes conditions météorologiques de ces derniers jours, certains habitants pourraient avoir les pieds dans l'eau jusqu'en juin, compte tenu de la géologie particulière de la vallée de la Somme. "On a ici un phénomène d'accumulation de la pluie dans les nappes phréatiques qui se prépare depuis octobre et qui prendra plusieurs semaines, voire un mois ou deux à se résorber", a estimé Jean-Baptiste Savin, de la Diren de Picardie.
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