Accident mortel : Volvo mis en examen

Par , le 31 mai 2001 à 19h00 , mis à jour le 31 mai 2001 à 19h13

Volvo France est poursuivi pour «homicide involontaire» pour un défaut de fabrication ayant provoqué un accident mortel il y a deux ans. C’est la première fois qu’un constructeur doit répondre d’une anomalie d’un de ses véhicules devant la justice.

logo volvo © INTERNE

C’est une petite révolution qui vient de se produire dans le monde de l’automobile. Pour la 1re fois


Dirk Pissens-
en effet, un constructeur automobile est poursuivi par la justice pour défaut de fabrication d’un de ses modèles, défaut qui serait à l’origine de la mort de deux enfants. Dirk Pissens a ainsi été mis en examen jeudi à Saverne en sa qualité de PDG Volvo France pour " homicide involontaire". L’affaire commence le 17 juin 1999. Ce jour-là, Catherine Kohtz roule avec sa Volvo 850 TDI à Wasselone, dans le Bas-Rhin, à une vitesse comprise entre 20 et 40 m/h. Alors qu’elle traverse le centre-ville, ses freins ne répondent plus. Elle perd alors le contrôle de sa voiture. Et fauche trois enfants, en tuant deux et blessant grièvement le troisième.

Dans un premier temps, la conductrice est mise en cause. On lui reproche d’avoir roulé trop vite. Mais, comme l’expliquait Le Parisien dans son édition du 12 mai, une expertise plus fouillée montre que "l’accident trouve son origine dans une défaillance inopinée et momentanée de l'efficacité du système de freinage due à un manque d'étanchéité d'un circuit pneumatique" d'assistance au freinage. Le collier de serrage qui aurait dû empêcher le défaut secondaire d'étanchéité n'a jamais été monté" poursuit le rapport. "Le défaut de montage du collier de soupape anti-retour est imputable de façon exclusive au constructeur du véhicule Volvo ".

"Pas de concession sur la sécurité"

Selon Le Parisien, Volvo était au courant depuis au moins quatre ans du défaut dans le système de freinage sur son modèle 850 TDI, vendu à 180 000 exemplaires. Mais il n'avait pas opté pour un rappel des voitures, préférant faire des réparations "en catimini, à l'occasion d'une révision". Cette intervention a pourtant été effectuée sur le véhicule de Catherine Kothz par le garage Bergmann, concessionnaire strasbourgeois de Volvo France. " Mais les documents fournis par Volvo France sont mal rédigés et ne permettent pas une intervention efficace du Garage Bergmann" explique Me Michel-Guy Ney, l'avocat de Mme. Kothz, reprenant les conclusions de l'expert.

Le 15 mai, le concessionnaire strasbourgeois avait été convoqué au tribunal de Saverne, sans être mis en examen. De son côté, Volvo France a toujours nié les accusations portées à son encontre. " Nous n’avons jamais fait de concession sur la sécurité " indiquait Dirk Pissens. La porte-parole du constructeur suédois rappelait également que l'"action technique" effectuée en juillet 1997 par le réseau de concessionnaires avait porté sur 19.000 Volvo 850 TDI en Europe, produites en 1996 et 1997, dont 2.601 en France. Le véhicule impliqué dans l'accident en faisait partie. Elle démentait donc tout lien avec l’accident. Pour l’instant, la justice n’adhère pas à cette thèse.

Par Fabrice Aubert le 31 mai 2001 à 19:00
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