Affaire Raddad, "un nouveau procès est inévitable"

Par , le 14 mai 2001 à 15h47 , mis à jour le 12 mai 2001 à 16h31

Après Dils et Seznec, la commission de révision de la Cour de cassation examine aujourd'hui les résultats de l'enquête ouverte après la demande en révision de sa condamnation déposée par Omar Raddad. L'avocat de ce dernier, Maître Vergès, explique sur TF1.fr les raisons pour lesquelles il est très confiant quant aux suites qui pourraient être données à cette affaire.

verges justice france france © INTERNE

TF1.fr : A quelques heures de la réunion de la commission de révision, êtes-vous serein quant à la décision que les cinq hauts magistrats qui la composent pourraient prendre ?

J. Vergès : Je suis confiant dans leur décision en raison du travail accompli par cette commission depuis deux ans. Ce travail, je ne peux pas encore vous en parler puisqu'il est confidentiel jusqu'à ce que les magistrats rendent leur décision cet après-midi. Elle a entendu des témoins, ordonné des expertises. Parmi ces expertises, j'en retiendrai deux qui me rendent confiant et dont je peux vous parler puisque la commission les a rendues publiques. La première est l'expertise graphologique, qui dit que l'on ne peut attribuer à Madame Marshall l'écriture sanglante. A l'époque du jugement, la cour d'assises de Nice, se basant sur les résultats de deux expertises, considérait que c'était l'écriture de Mme Marshall. Or, l'expertise graphologique ordonnée par la commission dit qu'il ne peut être établi si c'est elle ou si ce n'est pas elle qui a écrit "Omar m'a tuer". Il y a donc un doute. La deuxième expertise que je retiens est le test ADN. Celui-ci démontre que le sang retrouvé sur la main de Madame Marshall est le sang d'un homme qui n'est pas celui d'Omar Raddad. Cela ne l'innocente pas, mais il y a un doute dès lors qu'il existe une troisième personne et que l'on ne sait pas qui est cette troisième personne.

TF1.fr : Si cette commission se prononce en faveur d'une révision du procès, la procédure sera-t-elle encore longue ?

J. Vergès : Non. Si la commission accepte de transmettre le dossier à la cour de révision, cette dernière devrait rendre son arrêt d'ici deux ou trois mois. Avec cet arrêt, elle décidera soit de classer l'affaire, soit de casser la condamnation de mon client. Dans cette deuxième hypothèse, l'affaire retournera devant une cour d'assises.

TF1.fr : Dans quel état d'esprit se trouve Omar Raddad dans l'attente de la décision de la commission ? Qu'attend-il de la justice française?

J. Vergès : Il est lui aussi confiant. Il espère simplement que la fin du cauchemar arrive enfin pour lui. Il voudrait être jugé à nouveau, mais dans des conditions normales cette fois.

Par Alexandra Guillet le 14 mai 2001 à 15:47
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