© INTERNEC'était une première dans le milieu de l’automobile. Le représentant d’un constructeur, en l’occurrence le garage Bergmann, concessionnaire strasbourgeois de Volvo, était convoqué comme "témoin assisté" dans le cadre d'une enquête sur un accident mortel impliquant une voiture de la marque. Les observateurs pensaient même qu'il aurait pu ressortir du cabinet du juge d'instruction Gabriel Stefanus mis en examen pour "homicide involontaire". Une telle décision aurait alors fait l'effet d'une bombe. Même si ce n'est finalement pas le cas, l'affaire n'est pas banale.
Rappel des faits. Le 17 juin 1999, Catherine Kohtz circule avec sa Volvo 850 TDI à Wasselone, dans le Bas-Rhin. Elle roule à une vitesse comprise entre 20 et 40 m/h. Mais alors qu’elle traverse le centre-ville, ses freins ne répondent plus. Elle perd alors le contrôle de son véhicule. Et fauche trois enfants, en tuant deux et blessant grièvement le troisième.
Dans un premier temps, la conductrice est mise en examen pour " homicide involontaire ". On lui reproche d’avoir roulé trop vite. Mais, le juge, intrigué par les démentis sincères de Catherine Kothz, demande une nouvelle expertise plus fouillée. Cette dernière démontre que " l’accident trouve son origine dans une défaillance inopinée et momentanée de l'efficacité du système de freinage due à un manque d'étanchéité d'un circuit pneumatique" d'assistance au freinage. Le collier de serrage qui aurait dû empêcher le défaut secondaire d'étanchéité n'a jamais été monté" poursuit le rapport. "Le défaut de montage du collier de soupape anti-retour est imputable de façon exclusive au constructeur du véhicule Volvo ".
Les dirigeants de Volvo France convoqués le 31 mai
Selon Le Parisien, Volvo était au courant depuis au moins quatre ans de ce défaut dans le système de freinage sur son modèle 850 TDI, vendu à 180 000 exemplaires. Mais il n'avait pas opté pour un rappel des voitures, préférant faire des réparations "en catimini, à l'occasion d'une révision". Cette intervention a d’ailleurs été effectuée sur le véhicule de Catherine Kothz par le garage Bergmann. " Mais les documents fournis par Volvo France sont mal rédigés et ne permettent pas une intervention efficace du Garage Bergmann" explique Me Michel-Guy Ney, l'avocat de M. Kothz, reprenant les conclusions de l'expert.
De son côté, Volvo France dément avoir reçu le rapport d’expertise, contrairement à ce qu’a indiqué lundi le juge Stefanus. Le PDG du groupe, Dirk Pissens, ajoute que Volvo " n’ a jamais fait de concession sur la sécurité ". La porte-parole du constructeur suédois rappelle également que l'"action technique" effectuée en juillet 1997 par le réseau de concessionnaires avait porté sur 19.000 Volvo 850 TDI en Europe, produites en 1996 et 1997, dont 2.601 en France. Le véhicule impliqué dans l'accident en faisait partie. Elle dément donc tout lien avec l’accident. Les dirigeants de Volvo France sont en tout cas convoqués à leur tour le 31 mai pour s’expliquer sur cette affaire.
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