Bis repetita pour Charles Pasqua

Par F.A. , le 29 mai 2001 à 20h22 , mis à jour le 29 mai 2001 à 20h46

Déjà mis en examen lundi dans le cadre du financement de la campagne européenne du RPF en 1999, l'ancien ministre de l'Intérieur a subi mardi le même sort dans l'affaire de l'"Angolagate", cette fois pour "recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence".

pasqua et collard © INTERNE

Après ses collaborateurs et notamment Jean-Charles Marchiani, Charles Pasqua a bel et bien été rattrapé par la justice. Avec deux mises en examen en deux jours, l’ancien ministre de l’Intérieur, toujours candidat à la présidentielle de 2002, se retrouve au beau milieu des affaires politico-financières. Lundi, les juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Deprez l’avaient mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale –en l’occurrence celle du RPF aux européennes de 1999- par acceptation de dons non conformes au code électoral ".

Mardi, toujours accompagné de ses deux avocats Mes Léon Lef Forster et Gilbert Collard, l’ex-locataire de la place Beauvau avait encore rendez-vous avec les mêmes juges, toujours au palais de justice de Paris. Il devait cette fois s’expliquer sur son éventuelle participation au trafic d’armes illicite vers l’Angola. A l’issue d’une longue audition de six heures, la sentence, identique, est tombée. Il est cette fois poursuivi pour "recel d'abus de biens sociaux" pour le versement par la société de ventes d'armes Brenco d’environ 1,5 million de francs en juillet 1996 à l'Association France-Afrique-Orient (AFAO), dont il fut un temps le vice-président. Il est également mis en examen pour "trafic d'influence" à propos d'une décoration remise à l'homme d'affaires d'origine russe Arcadi Gaydamak, qui a servi d’intermédiaire dans cette affaire de l’"Angolagate ".

" Ils n’ont strictement rien "

Comme il l’avait fait lundi, le président du RPF a rejeté en bloc les accusations portées à son encontre. "Tout ça est directement lié à l'action politique que je conduis. Ils n'ont aucun élément me concernant. Ils n'ont strictement rien. Je n'accepte pas ces mises en examen et nous entamerons dès demain (mercredi) les recours nécessaires devant la chambre de l'instruction" de la cour d'appel de Paris".

Le statut de député européen de Charles Pasqua le protège de toute mesure coercitive. Pas question donc de garde à vue, de contrôle judiciaire ou de placement en détention provisoire.

Par F.A. le 29 mai 2001 à 20:22
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