© INTERNECannes accueille ce jeudi un grand habitué en la personne de Nanni Moretti. Le réalisateur italien est en effet venu à huit reprises sur la Croisette que ce soit en tant que réalisateur, acteur ou membre du jury. Cette année, c'est en tant que metteur en scène qu'il revient pour présenter en compétition officielle son dernier long métrage, La Chambre du fils. C'est l'histoire d'une famille du nord de l'Italie dont le quotidien paisible va basculer avec la mort accidentelle du fils. Changement de registre pour le réalisateur qui n'avait pas habitué son public à des films graves. La Chambre du fils est le plus gros succès critique et commercial de Moretti dans son pays. Un prix à Cannes ne serait pas de trop pour lancer sa carrière française puisque le film sort vendredi sur les écrans.
Plus tôt dans la journée, les festivaliers auront pu découvrir, en compétition, Et là-bas, quelle heure est-il ? du Taiwanais d'origine malaise Tsai Ming-liang. Le cinéaste nous narre le parcours d'un vendeur de montres dans les rues de Taipei qui quelques jours après le décès de son père, rencontre une jeune femme qui part le lendemain pour Paris. Sa vie va alors être vécue à l'heure française. Avec ce long métrage, le réalisateur, admirateur de la Nouvelle Vague, rend hommage à François Truffaut : le personnage principal va s'acheter en vidéo Les Quatre cents coups, Jean-Pierre Léaud apparaît dans le film… C'est le second film de Tsai Ming-liang après The Hole couronné dans de nombreux festivals.
Troisième film de la compétition jeudi, le nouveau Alexandre Sokourov. Deux ans après l'étrange Moloch (prix du scénario), consacré à Hitler, le cinéaste russe revient avec Taurus, un film sur les derniers mois de la vie de Lénine. Pour ce nouveau long métrage, Sokourov a gardé la même équipe que Moloch puisque l'acteur qui incarnait Hitler se retrouve transformé en Lénine. Côté scénario, Sokourov a une nouvelle fois fait confiance à Youri Arabov.
La journée du festivalier se termine sur une note sexuelle avec la présentation, hors compétition, à minuit, du dernier film de Wayne Wang, Le Centre du monde. Le réalisateur de Smoke a choisi la vidéo numérique pour raconter l'histoire d'un informaticien aliéné par l'Internet et qui décide de passer du cybersexe à la réalité en compagnie d'une strip-teaseuse de Las Vegas. Le réalisateur explique qu'il a voulu "refléter notre obsession pour le sexe et la technologie, avec un style aussi voyeur que possible".
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