DSK devant la Cour de Justice ?

Par Philippe MATHON , le 30 mai 2001 à 18h15 , mis à jour le 30 mai 2001 à 19h08

Alors que l'enquête semblait l'innocenter, l'ancien ministre de l'Economie pourrait avoir à s'expliquer devant la Cour de justice de la République (CJR) à propos des soupçons de corruption pesant sur son intervention dans le dossier fiscal de Karl Lagerfeld.

DSK © INTERNE

Le parquet de Paris a requis la saisine de la Cour de justice de la République (CJR) contre Dominique Strauss-Kahn, à propos du dossier fiscal du couturier Karl Lagerfeld. Selon Le Monde daté de jeudi, une telle décision a été prise afin instruire sur d'éventuelles infractions de "corruption passive" et de "concussion susceptibles d'être reprochées à M. Strauss-Kahn en tant que ministre d'Etat pour avoir été accomplies dans l'exercice de ses fonctions ministérielles" au sujet du dossier du célèbre couturier.

Après avoir constaté qu'il ne pouvait pas poursuivre son enquête, le juge Brisset-Foucault a demandé, le 21 mai, la saisine de la Cour, seule juridiction habilitée à enquêter et à juger de faits délictueux commis par un ministre dans l'exercice de ses fonctions. Dénonçant un "acharnement judiciaire", DSK a démenti les soupçons pesant sur lui. "Je constate qu'à chaque fois que la pression des affaires monte sur Jacques Chirac, on me fait revenir en première ligne. Je commence à en avoir ras-le-bol", a-t-il ajouté. Il constate que la demande du juge "occulte les déclarations unanimes des fonctionnaires de la Direction générale des impôts qui ont déclaré qu'ils avaient considéré, en leur âme et conscience, qu'il était de l'intérêt du Trésor public de transiger avec M. Lagerfeld", a précisé l'un de ses avocats, Me Jean Veil qui souhaite que "le parquet général décide le plus vite possible s'il transmet le dossier à la CJR et, dans l'affirmative, que cette juridiction puisse très rapidement mettre hors de cause M. Strauss-Kahn.

Soupçons

Qu'importe : s'appuyant sur des "faits nouveaux", le juge Brisset-Foucault demande à la CJR d'enquêter sur d'éventuelles infractions de "corruption passive" et de "concussion", c'est-à-dire le fait pour un responsable public d'accorder des exonérations indues. Le juge s'interroge sur la proximité des dates entre la remise de la vidéo Méry à DSK en avril 1999 par Me Alain Belot, proche de l'ex-ministre et avocat fiscaliste de M. Lagerfeld, suivi quatre mois plus tard d'une réduction de cinquante millions de francs (sur 93 millions de francs de contentieux) du montant dû par M. Lagerfeld au fisc.

Ce nouveau front judiciaire intervient deux mois après le retour de ce proche du Premier ministre Lionel Jospin à l'Assemblée. Ce retour politique, un an avant l'élection présidentielle de 2002, s'était effectué malgré le procès en octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Paris de DSK pour "faux et usage de faux" dans un des volets de l'affaire de la MNEF et une mise en examen dans la tentaculaire affaire Elf.

Par Philippe MATHON le 30 mai 2001 à 18:15
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