L'encombrant Montebourg

Par Philippe MATHON , le 22 mai 2001 à 17h34 , mis à jour le 22 mai 2001 à 17h59

La croisade du député socialiste pour demander le renvoi de Jacques Chirac devant la Haute Cour de justice pour les "affaires" de la Ville de Paris déchaîne la droite et embarrasse les dirigeants du PS.

[Expiré] [Expiré] montebourg © AFP

La présentation, lundi, du texte de résolution visant à traduire Jacques Chirac devant la Haute Cour de justice n'en finit pas de faire des vagues. Au PS comme à droite, on se passe le mistigri. Les premiers s'en désolidarisent tandis que les seconds y voient une "manipulation" de grande échelle. Comme souvent, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire, laissant à ses "fidèles" le soin d'organiser la riposte. Résultat : la droite toute entière a sorti l'arme lourde. En ligne de mire : Lionel Jospin, suspecté de cautionner l'initiative de l'oiseau Montebourg.

Jean-François Copé, secrétaire général adjoint du RPR, s'est demandé "si tout cela n'est pas prévu depuis un certain temps en liaison" avec le Premier ministre. Jean-Louis Debré a été encore moins allusif en dénonçant la "conception crapoteuse de la démocratie" de Lionel Jospin et du PS, tandis que le porte-parole du RPR, Patrick Devedjian, criait à la "calomnie".

L'assurance du PS

Plein feu donc sur le PS, qui se défend pourtant de soutenir l'initiative "personnelle" de Montebourg. "Nous ne l'approuvons pas et nous ne l'acceptons pas, a déclaré Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée. "Nous n'acceptons pas que le débat politique, la confrontation entre les hommes et les projets, se fasse sur ce terrain judiciaire."

Visiblement sûr de ses troupes, Ayrault a assuré qu'il n'y aura pas d'autre député PS, en dehors des 19 déjà signataires, pour soutenir la résolution d'Arnaud Montebourg. Montebourg n'aura pas les 58 signataires, assure-t-il, "à moins qu'il y ait des députés UDF ou RPR qui signent". "Quand j'entends la polémique, les outrances, les insultes de M. Debré et de M. Devedjian, franchement, je crois qu'ils se trompent de terrain (...) Nous ne nous lancerons pas dans la spirale qui ne ferait que dégrader le niveau et le climat politique", a-t-il dit.

Les socialistes préfèrent se situer sur un autre plan. "Nous savons bien qu'il y a une ambiguïté constitutionnelle. Nous ne manqueront pas d'évoquer, le moment venu, la question de la responsabilité du président de la République sur le plan judiciaire", a ajouté M. Ayrault. Si d'aventure l'initiative Montebourg échouait.

Par Philippe MATHON le 22 mai 2001 à 17:34
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