Evreux : le suspect avoue le meurtre du policier

Par , le 09 mai 2001 à 07h27 , mis à jour le 07 mai 2001 à 07h54

Après avoir fourni plusieurs versions contradictoires des faits, le conducteur de la BMW interpellé est passé aux aveux. Oui, il est bien l'auteur des coups de feu tirés dans la nuit de dimanche à lundi contre deux policiers, alors qu'ils effectuaient un contrôle d'identité à Evreux. L'un d'eux, âgé de 29 ans, est mort sur le coup.

Police voiture ronde violence © INTERNE


Le procureur Jean Berkani-
Evreux, lundi, une heure quinze du matin. Gilles Roche et Roger Deboges, tout deux policiers, poursuivent leurs contrôles "de routine". Alors que leur voiture s'avance à la hauteur d'une BMW pour un simple excès de vitesse, un malfaiteur tire immédiatement plusieurs balles de gros calibre (11,43) sur le fonctionnaire qui est au volant. Gilles Roche, 29 ans, père d'une petite fille de 4 ans et dont l'épouse attend un second enfant est atteint par trois balles dont une traverse la boîte crânienne, le tuant sur le coup. L'autre policier reçoit une balle dans la cuisse.

Quelques heures après les faits, le conducteur de la BMW, un contremaître de 48 ans, est interpellé à son domicile grâce au numéro d'immatriculation de son véhicule. Il vient d'être mis en examen pour "meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions et tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions, transport et port d'arme et de munitions de première catégorie", a indiqué le procureur de la République d'Evreux, Jean Berkani, après l'ouverture d'une information judiciaire.

Le meurtrier nie, puis avoue

"Il n'y a pas de deuxième homme, je l'ai inventé, c'est moi qui ai tiré"

Dans un premier temps, le mis en examen avait désigné un passager comme étant l'auteur du meurtre, un homme dont il avait dit avoir fait connaissance quelques heures plus tôt dans une boîte de nuit. Les multiples vérifications opérées par les enquêteurs sur son emploi du temps, l'audition des témoins et un "alibi en béton" présenté par le pseudo-passager ont placé le prévenu devant des contradictions qui l'ont amené à finalement passer aux aveux ce matin : "Il n'y a pas de deuxième homme, je l'ai inventé, c'est moi qui ai tiré", aurait-il fini par reconnaître.

S'agissant du mobile du meurtre, le suspect n'aurait apporté aux enquêteurs du SRPJ de Rouen que des "bribes de réponses (...), des explications qui méritent d'être vérifiées compte tenu de la personnalité de l'accusé", a simplement indiqué le procureur. "J'ai des incertitudes, on n'a pas suffisamment d'éléments" pour déterminer le mobile du meurtre, a-t-il ajouté, laissant désormais la place à l'instruction et aux conclusions des experts.

Les expertises balistiques sont toujours en cours de même que les analyses sanguines du mis en examen, qui est gaucher. La thèse du meurtrier unique, considérée comme "hautement vraisemblable" par M. Berkani, contredit le témoignage du second policier, Roger Deboges, qui avait signalé la présence d'un deuxième malfaiteur sans pour autant apporter "le moindre renseignement" sur cette personne. Selon le procureur, les "discordances" du témoignage peuvent s'expliquer par "les circonstances exceptionnelles de l'agression". M. Deboges "a toujours décrit le conducteur comme étant le tireur des coups de feu mortels", a insisté M. Berkani.

Dernier hommage au policier tué, jeudi

Les obsèques de Gilles Roche auront lieu demain matin, à Evreux, en présence du ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant. Un hommage au jeune gardien de la paix, se déroulera dans la cour du commissariat où il était affecté. Il sera suivi d'une cérémonie religieuse à la cathédrale avec un office célébré par Mgr Jacques David.

Par Alexandra Guillet le 09 mai 2001 à 07:27
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