Femmes afghanes et Coppola à Cannes

Par Olivier CORRIEZ , le 11 mai 2001 à 10h35 , mis à jour le 11 mai 2001 à 10h59

Cette troisième journée sur la Croisette est marquée par un événement, la projection d'une version rallongée de la Palme d'Or 1979, "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola. Un film en compétition est présenté vendredi, celui de Mohsen Makhmalbaf, "Kandahar".

Vignette pour Cannes 2001 © INTERNE

Mohsen Makhmalbaf est, avec Abbas Kiarostami, le chef de file incontesté du cinéma iranien. C'est aussi un habitué de Cannes où il était sélectionné la première fois en 1995 avec deux films, Le Temps de l'amour et Salaam Cinema. 1996, il revient avec Gabbeh. Il était également présent en sélection officielle, cette fois, il y a deux ans, pour Les Contes de Kish, dont il avait réalisé un segment. C'est donc la première fois qu'il se retrouve en compétition, seul, pour Kandahar. Ce film est un tableau tragique de la condition des femmes afghanes, mais aussi de la détresse des exilés, des handicapés par les mines et d'une population réduite à la misère par la sécheresse. C'est l'histoire de Nafas, une jeune journaliste réfugiée au Canada, qui reçoit une lettre désespérée de sa petite sœur restée à Kandahar, centre du pouvoir des Taliban. Elle lui annonce qu'elle mettra fin à ses jours le jour de l'éclipse de soleil. Nafas va alors tout faire pour sauver sa sœur. Pour livrer ce film, Mohsen Makhmalbaf a longuement enquêté et pénétré clandestinement en Afghanistan pour tourner ses images. Un film attendu car d'actualité qui devrait attirer l'attention des jurés. Comme sa fille l'année dernière, le réalisateur iranien pourrait bien se retrouver au palmarès.


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Mais l'événement de cette journée, c'est la présentation en version longue du film qui, avec Le Tambour de Volker Schlöndorff, a reçu la Palme d'or en 1979, Apocalypse Now. Le chef d'œuvre de Francis Ford Coppola est présenté hors compétition et agrémenté de 53 minutes inédites dont une scène dans la plantation française où l'on retrouve les acteurs Aurore Clément et Serge Marquand, coupés lors du montage original. Librement adapté d'un roman de Joseph Conrad, Apocalypse Now décrit l'odyssée d'un officier américain que les services secrets envoient à la recherche du colonel Kurtz devenu gênant par les méthodes qu'il emploie à la frontière du Viêt-nam et du Cambodge. On peut naturellement se poser des questions sur le pourquoi de ce nouveau montage. Francis Ford Coppola explique que pour être à Cannes en 1979, il fallait aller vite. Mais le réalisateur a toujours dit que le montage de cette année là n'était pas définitif. C'est désormais chose faite. Le public cannois n'est pas le seul à pouvoir redécouvrir cet Apocalypse Now (Redux), puisque le film sort ce vendredi dans une vingtaine de salles en France dont le Grand Rex et le Grand Ecran Italie à Paris.

Par Olivier CORRIEZ le 11 mai 2001 à 10:35
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