François Dupeyron, gros espoir français à Cannes

Par Olivier CORRIEZ , le 18 mai 2001 à 19h49 , mis à jour le 17 mai 2001 à 20h13

La France présente ce vendredi sur la Croisette certainement le plus ambitieux de ses films avec "La Chambre des officiers" de François Dupeyron. La compétition accueille également "Desert Moon" de Shinji Aoyama. Une curiosité, enfin, hors compétition, le premier film du clippeur Michel Gondry, "Human Nature".

Vignette pour Cannes 2001 © INTERNE

François Dupeyron fait sa grande entrée dans la compétition cannoise. Le réalisateur de Drôle d'endroit pour un rencontre n'avait jamais eu les honneurs de la sélection officielle. Seuls deux courts métrages avaient été présentés. Et pour sa première, on peut dire que La Chambre des officiers est très attendu. C'est en effet ce qu'on pourrait appeler une grosse machine avec un budget de plus de 48 millions de francs et certainement le film français le plus ambitieux de cette année à Cannes. Dans les premiers jours d'août 1914, Adrien, jeune et bel officier de cavalerie, part en reconnaissance. Un obus éclate sur son passage. Il passera la guerre au Val de Grâce, dans la chambre des officiers, pièce sans miroir afin que les blessés ne puissent pas voir leur visage meurtri par la guerre. Chacun se voit dans le regard de l'autre.
Au générique de La Chambre des officiers, on retrouve Eric Caravaca, César du meilleur espoir en 2000 et déjà à l'affiche de C'est quoi la vie du réalisateur, et Isabelle Renauld, présente dans L'éternité et un jour de Théo Angelopoulos, Palme d'Or en 1999.

Shinji Aoyama doit aimer Cannes. Il faut dire que l'an dernier le festival le lui avait bien rendu en lui attribuant le Prix de la critique internationale pour son long film Eureka (3h37). Cette année, le réalisateur japonais revient avec Desert Moon, une nouvelle fois en compétition. Nagai est un chef d'entreprise comblé. Sa société est côtée en bourse. Il est marié à Akira. Le couple a une petite fille, Kaaï. Il a tout pour être heureux. Sauf le temps. Quel sens a une vie lorsque, faute de disponibilité, cet homme envié en est réduit à voir femme et enfant à travers le prisme d'une caméra ? Dans son désir de reconstituer une cellule familiale totalement éclatée, Akira se tourne vers le passé, au temps de son enfance campagnarde. Entre ces deux solitudes, Keechie, l'étranger, un gigolo qui s'accroche à la seule valeur qui ait du sens à ses yeux, l'argent. Négligé par son père, Keechie est totalement imprévisible. Sans présager de la qualité du film, Shinji Aoyama marque déjà un point grâce à la longueur du film : 2h08.

La journée cannoise se termine avec le premier film de Michel Gondry, le clippeur de Björk ou de Daft Punk (Around the World). S'il est Français, son film, Human Nature, est présenté sous la bannière américaine. L'histoire de Lila, auteur de roman à succès qui rencontre Nathan, scientifique refoulé. Le couple va faire connaissance de Puff, un sauvage qui a grandi dans la forêt. La vie du couple va être bouleversée par cette rencontre. On peut s'attendre au meilleur car le scénario du film est signé Charlie Kaufman, auteur de Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze.

Par Olivier CORRIEZ le 18 mai 2001 à 19:49
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