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Guadeloupe : un policier meurt au cours d'une opération

Alexandra Guillet par
le 10 mai 2001 à 08h48
Temps de lecture
4min
guadeloupe policier police

Crédits : INTERNE

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SociétéAlors que doivent se dérouler aujourd'hui les obsèques du policier d'Evreux tué lundi au cours d'un contrôle d'identité, un de ses collègues guadeloupéen appartenant à une brigade anti-criminalité est mort accidentellement mercredi. A l'origine de ce drame, une balle tirée par son coéquipier lors d'une opération contre des dealers.

Le drame s'est produit dans le bidonville de Boissard, un quartier des Abymes jouxtant Pointe-à-Pitre.  Au cours d'une opération contre des revendeurs de crack, des policiers ont été pris à partie par une dizaine de dealers. L'un d'eux les a menacés avec un pitbull, sur lequel les policiers ont fait feu à deux reprises, selon le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, Patrick Vogt. Dans la mêlée qui s'en est suivie, un troisième coup de feu a été tiré, traversant les

Situé sur le territoire des Abymes, le bidonville de Boissard jouxte Pointe-à-Pitre et fait figure de supermarché guadeloupéen de la drogue, crack et marijuana principalement mais aussi cocaïne, et de sanctuaire pour voleurs et dealers. Une opération de résorption de l'habitat insalubre, lancée après une visite de l'ancien président de la République François Mitterrand en 1985, s'y poursuit depuis plusieurs années. Un réseau inextricable de cours, ruelles et sentiers, généralement en terre battue, serpente sur les 38 hectares du bidonville, où sont implantées 1.500 cases en bois et tôles ondulées dans lesquelles vivent près de 5.000 personnes, dont la plupart ne bénéficient pas de l'eau courante. En novembre 1985, un gendarme qui effectuait une patrouille à Boissard avait été tué à bout portant par le petit truand spécialisé dans les vols à main armée qu'il recherchait.

joues d'un des dealers, qui a été grièvement blessé, avant de toucher mortellement un des policiers. M. Vogt a précisé que la voiture des policiers avait été incendiée. "Les affaires personnelles du policier tué ont disparu, son cadavre a été pillé", a-t-il ajouté. Selon des témoignages recueillis dans le bidonville de Boissard et diffusés mercredi soir par RFO-Télé Guadeloupe, le propriétaire du pitbull a été mis en joue par le policier qui avait tiré sur le chien. Un autre coup de feu a ensuite traversé de part en part le bas du visage de l'individu avant de blesser mortellement le brigadier Charly Drouault.

En fin de journée, après quelques jets de pierres, le calme est revenu aux Abymes. Le sous-préfet de Pointe-à-Pitre, Thierry Le Lay, s'est adressé directement à un groupe de manifestants se plaignant d'être la cible de contrôles policiers systématiques. "La lumière sera faite, je vous demande de la responsabilité et du calme", leur a-t-il indiqué.

Obsèques du policier d'Evreux

Les obsèques de Gilles Roche ont lieu ce matin, à Evreux, en présence du ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant. Un hommage au jeune gardien de la paix, s'est déroulé dans la cour du commissariat où il était affecté, suivi d'une cérémonie religieuse à la cathédrale avec un office célébré par Mgr Jacques David. Lundi, à une heure quinze du matin, alors que la voiture de patrouille s'avance à la hauteur d'une BMW pour un simple excès de vitesse, un malfaiteur tire immédiatement plusieurs balles de gros calibre (11,43) sur le fonctionnaire qui est au volant. Gilles Roche, 29 ans, père d'une petite fille de 4 ans et dont l'épouse attend un second enfant est atteint par trois balles dont une traverse la boîte crânienne, le tuant sur le coup. L'autre policier reçoit une balle dans la cuisse.

Dans un premier temps, le mis en examen, un contremaître de 48 ans, avait désigné un passager comme étant l'auteur du meurtre, un homme dont il avait dit avoir fait connaissance quelques heures plus tôt dans une boîte de nuit, avant de passer aux aveux : "Il n'y a pas de deuxième homme, je l'ai inventé, c'est moi qui ai tiré". Le mobile du meurtre n'a toujours pas pu être établi.Mais on apprenait ce matin que l'homme se trouvait dans un état critique après avoir tenté de mettre fin à ses jours dans sa cellule de la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy. Placé seul dans une cellule, comme l'avait souhaité le parquet d'Evreux, il avait été retrouvé pendu peu après 09h00 par des gardiens.

 

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