Ils sont sortis !

Par Franck LEFEBVRE , le 20 mai 2001 à 12h57 , mis à jour le 17 mai 2001 à 13h32

Les huit spéléologues suisses bloqués depuis mercredi dans une grotte du Doubs ont pu regagner la surface du sol. Ils sont sortis, boueux mais en bonne santé, peu avant 20 heures 30.

speleos suisses sauves © INTERNE

Trois jours et trois nuits d'angoisse. Mais, finalement, un heureux dénouement. Il aura fallu une opération exceptionnelle, et la mobilisation de plusieurs centaines de sauveteurs, pour réussir à ramener à l'air libre les huit étudiants suisses venus faire de la spéléologie dans le Doubs, au niveau du gouffre de Goumois. Une expédition qui aurait pu facilement tourner au drame, lorsque le "bief Parou" dans lequel ils s'étaient engagés s'est transformé en piège, après une brusque montée des eaux.


Les opérations de pompage
Ces huit spéléologues amateurs sont des miraculés... Lorsque, mercredi soir, les équipes de secours, prévenues par des membres de l'expédition restés en surface, avaient entamé les opérations de sauvetage, bien peu pensaient retrouver les huit étudiants vivants. L'hypothèse alors la plus probable était qu'ils avaient tous été noyés au fond de la grotte. Un fort pessimisme qui ne devait pas empêcher spéléologues et plongeurs de tout tenter pour entrer en contact avec d'éventuels survivants. Devait suivre une angoissante course contre la montre, sous la menace constante d'une nouvelle montée des eaux. Des pompes à haut débit étaient mobilisées pour tenter d'assécher en partie la grotte. Puis, vendredi, alors que le découragement gagnait, un plongeur parvenait enfin à entrer en contact avec les rescapés, réfugiés dans une cavité située à 75 mètres de l'entrée du boyau.

Les spéléologues sont sortis par leurs propres moyens

Le reste du sauvetage n'était plus alors qu'une question de temps. Il s'agissait de rassurer les spéléologues, de leur faire parvenir de la nourriture par l'intermédiaire de plongeurs, de s'informer de leur état de santé... puis, de leur faire regagner l'air libre au moment le plus favorable. Après avoir espéré faire sortir les prisonniers du gouffre de Goumois vendredi à 17 heures, les secours devaient à nouveau retarder leur délivrance pour cause de trop fort débit de la rivière s'engouffrant dans le "bief Parou".


Les sauveteurs progressant dans la grotte
L'opération se présentait a priori comme assez complexe : il s'agissait de transférer les rescapés de la cavité dans laquelle ils s'étaient réfugiés sous une couverture de survie dressée en guise de tente, vers une autre cheminée, où avait été creusé un puits menant vers la surface, en passant à travers un siphon complètement inondé. Ce qui représentait pour les spéléologues, guidés par un plongeur et munis de bouteilles, une trentaine de secondes d'une plongée en aveugle, au milieu d'une eau déchaînée et boueuse... Une véritable épreuve, tant physique que psychologique, pour ces jeunes gens isolés sous terre depuis près de soixante-dix heures... Finalement, ce passage sous l'eau leur aura été épargné. La fin de la pluie, conjuguée au pompage et au dynamitage des parois par les sauveteurs, auront permis aux spéléologues de sortir par leurs propres moyens et à pied sec. L'aventure s'est terminée au mieux, samedi soir, avec la sortie de huit formes humaines intégralement enduites de boue, mais souriantes, impatiemment guettées par leurs familles et par les caméras des journalistes.

Par Franck LEFEBVRE le 20 mai 2001 à 12:57
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