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Montebourg, le résolu

Edité par
le 23 mai 2001 à 15h10
Temps de lecture
3min
montebourg livre

Crédits : INTERNE

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SociétéContesté à droite comme à gauche, le livre du député (PS) de Saône-et-Loire visant à renvoyer Jacques Chirac devant la Haute cour de justice sort mercredi. Au-delà de la polémique grandissante, une bonne occasion pour tous de faire le point sur le "cas" Chirac.

Un petit livre blanc. Blanc comme la pureté ? Blanc comme l'honnêteté ? Zélé, Arnaud Montebourg va même jusqu'à soigner la présentation de ses textes.

Cette "Proposition de résolution tendant au renvoi de monsieur Jacques Chirac occupant les fonctions de président de la République, devant la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice" - titre exact de l'ouvrage (1), voit le jour après deux ans de bataille. De longs mois où le député de Saône-et-Loire, aidé de quelques amis avocats, a élaboré minutieusement son argumentaire.

Prescrition

Sa thèse : "L'apparition de soupçons judiciairement constatés sur la personne de l'actuel président de la République a amené l'autorité judiciaire à cesser ses enquêtes, conduisant les procédures répressives à un inévitable blocage". Seul moyen, aujourd'hui selon lui, pour que le chef de l'Etat s'explique face aux affaires. Le nom de Jacques Chirac est apparu dans trois dossiers judiciaires en qualité d'ancien maire de Paris ou d'ancien président du RPR ? Une seule solution : le renvoyer devant la Haute cour de justice.

Pour convaincre ses collègues députés de se rallier à lui, Montebourg, ancien avocat lui-même, sort la grosse artillerie. A grand renfort de rapports de police ou d'ordonnances judiciaires, il recense les éléments du "dossier" Chirac. En insistant sur un fait rarement évoqué : la question de la prescription des affaires. Ainsi, rappelle-t-il, alors que les délits reprochés au Président de la République se prescrivent en trois ans, l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris gérée par le juge Patrick Desmure sera classée sans suite sauf éléments nouveaux… le 15 avril 2002 à minuit. Soit avant l'expiration constitutionnelle du mandat de Jacques Chirac à l'Elysée, fixée au 8 mai 2002. Pour Montebourg, donc, le temps presse.

Réquisitoire sans compromis

Cet ouvrage est pour lui l'occasion de revenir sur ses vieux chevaux de bataille (la rupture du principe d'égalité des citoyens devant la justice, le déni de justice), de louer les régimes péruvien ou philippin (qui "eux" savent mettre en cause leur chef de l'Etat) et d'exhumer des propos récents du locataire de l'Elysée louant le principe de sanction en cas de faute… Autant de fenêtres de tirs susceptibles d'étayer son propos.

Inspirateur d'une "nouvelle démocratie" pour les uns, ersatz de Fouquier-Tinville pour d'autres, Montebourg divise au sein même de son parti. "Résolution…'" livre un réquisitoire sans compromis, tout en offrant une "somme" utile à tous. Montebourg, lui, a déjà choisi : dans son final, il conclut : "Les agissements de M. Jacques Chirac sont susceptibles d'être qualifiés de prise illégale d'intérêts, recel d'abus de biens sociaux, trafic d'influence, et ce, en qualité d'auteur et de complice".

(1) Denoël, 94 pages, 39 F. Les droits d'auteur de l'ouvrage seront versés intégralement aux Restaurants du cœur et à la Convention pour la 6ème République, fondée par Arnaud Montebourg.

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