"Oui" pour Raddad, non pour Turquin

Par A.G. et F.A. , le 14 mai 2001 à 14h41 , mis à jour le 14 mai 2001 à 15h06

Omar Raddad, le jardinier marocain condamné en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal, a franchi une nouvelle étape judiciaire vers un nouveau procès. L’avocat général de la Cour de cassation a demandé lundi la transmission de son dossier vers la Cour de révision. En revanche, la demande de Jean-Louis Turquin, emprisonné pour avoir tué son fils, a été rejetée.

omar raddad © INTERNE

Maître Vergès était confiant pour Omar Raddad (itw)
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Après Patrick Dils qui a obtenu un nouveau procès, Omar Raddad pourrait également décrocher la révision du sien. L’avocat général de la Cour de cassation a en effet demandé la transmission de son dossier vers la Cour de révision. Il ne reste plus qu’une seule étape : la décision finale des magistrats de la Commission de révision, qui se prononceront le 25 juin prochain. S’ils disent " oui ", il s’agira de l’aboutissement du long combat mené depuis près de dix ans par le jardinier marocain, condamné pour le meurtre de sa patronne, Ghislaine Marchal.

L’avocat général estime que les pièces apportées au dossier par la nouvelle enquête laissent naître des indices suffisants pour justifier une nouvelle comparution de celui qui a toujours clamé son innocence. Il abonde donc dans le sens de maître Vergès, l’avocat d’Omar Raddad, pour qui un nouveau procès était " inévitable ".

Avancées

En 1994, Omar Raddad avait été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises


Les lieux du drame-
des Alpes-maritimes, puis partiellement gracié par Jacques Chirac, ce qui lui avait permis d’être libéré en septembre 1998. Lors de la première enquête, en 1991, l'inscription "Omar m'a tuer" en lettres de sang retrouvée sur le mur de la chaufferie, près du corps de la victime, avait conduit les enquêteurs vers Omar Raddad. Depuis un an et demi, les investigations de la commission ont permis des avancées mais n'ont pas complètement levé le voile sur ce meurtre. Selon deux experts graphologues désignés par la commission, il n'est pas sûr que ce soit Mme Marchal qui ait écrit "Omar m'a tuer". Devant la cour d'assises, les expertises étaient plus affirmatives.

Seconde avancée : la trace de main laissée sur la porte comporte du sang de Mme Marchal mais aussi des traces d'un ADN masculin qui n'est pas celui de Raddad. Cependant, il n'a pas été possible de déterminer à qui appartient cet ADN masculin, découvert en décembre et décrypté en janvier, ni quand il a été déposé, ni s'il provient de résidus de sang ou de salive.

Turquin débouté

La Commission a en revanche rejeté la demande de Jean-Louis Turquin. Le vétérinaire niçois avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle le 21 mars 1997 pour l'assassinat de son fils Charles-Edouard en 1991. Comme Omar Raddad, il a toujours nié. Mais les magistrats ont considéré qu'il n'y avait pas d'éléments nouveaux de nature à "faire naître de suffisants indices sur l'existence de la prétendue victime", comme le dit la loi.

Ils ont donc suivi l'avocat général Jean-Yves Launay qui avait expliqué à l'audience du 2 avril dernier que "toutes les pistes suivies pour retrouver l'enfant se sont révélées négatives et que la thèse de l'enfant en Israël ne repose sur aucun élément sérieux". S’appuyant sur des témoignages, les avocats de Jean-Louis Turquin avaient soutenu le contraire.

Par A.G. et F.A. le 14 mai 2001 à 14:41
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