© INTERNELa haute juridiction de la République a mis fin mercredi au débat sur l'inversion du calendrier électoral. Par la voix de son président, Yves Guéna, le Conseil constitutionnel a donné son feu vert au nouveau calendrier, qui aboutit à placer en 2002 l'élection présidentielle avant les législatives. Par la même occasion, le Conseil constitutionnel a mis un point final à une longue bataille qui a opposé notamment, selon un clivage inédit, le PS et une partie de l'UDF au RPR et au PCF, depuis le ralliement, en novembre, du Premier ministre Lionel Jospin au camp des partisans de cette réforme.
"Nous n'avions pas à apprécier si l'inversion du calendrier était opportune ou non. Il nous revenait juste d'apprécier si elle était contraire à aucune règle constitutionnelle" |
Une décision du Conseil qui ne créée donc aucune surprise. L'institution avait évoqué cet été, sans les juger insurmontables, les problèmes pratiques que posait le calendrier initial pour le parrainage par des parlementaires des candidatures à la présidentielle. Précédemment, il avait approuvé à plusieurs reprises (1990, 1994 et 1996) le report de la date d'élections, mais pour des scrutins locaux et non des élections législatives.
Respecter "l'esprit" de la Vème
Pour les partisans de l'inversion du calendrier, organiser les législatives avant la présidentielle aurait été "dingo", selon l'expression de François Bayrou. Le président de l’UDF expliquait que sous la Vème République le scrutin dont découle les autres est la présidentielle, en raison de la primauté du chef de l'Etat. Une analyse suivie par de nombreux constitutionnalistes pour qui "l'esprit des institutions de la Ve République", fondée sur la primauté du chef de l'Etat, constituait le "motif objectif" nécessaire à la validation de la réforme. C'est sur ce principe que Georges Vedel, Olivier Duhamel et Guy Carcassonne, avaient proposé, dès octobre, une inversion du calendrier pour garantir "la cohérence majoritaire".
Le RPR, à l'instar de Jacques Chirac, avait en revanche rejeté cet argument, jugé comme circonstanciel, s'opposant jusqu'au bout à ce que l'on change les "règles du jeu" si près de l'échéance. Un avis que partage le constitutionnaliste Louis Favoreu, qui s'exprimait il y a quelques semaines sur notre site et selon qui "l'esprit des institutions", mis en avant par les partisans de la réforme, ne constituait pas un "motif objectif" mais "un motif politique qui n'est d'ailleurs reconnu que par une partie seulement de la majorité plurielle". Pour autant, pour le directeur de la Revue française de droit constitutionnel, il ne faisait pas de doute que cette réforme serait finalement adoptée. Mais de rappeler que "nous sommes une des rares grandes démocraties, sinon la seule, dans laquelle la majorité puisse modifier les règles du jeu (ici la loi électorale) sans l'accord de l'opposition. Ailleurs, précisait-il, soit c'est inscrit dans la Constitution, soit il faut un vote majoritaire renforcé".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




