© INTERNELongtemps confiné à un cercle d’aficionados, le reggae a trouvé depuis cinq ans en France un terreau fertile à son essor. A tel point que la France est devenue l’un des tous premiers marchés pour le reggae en Europe et au monde.
Le grand public à l’écoute
L’écrasante majorité des Français s’est familiarisée avec ce rythme jamaïcain à la fin des années 70 (1), principalement grâce à Bob Marley bien sûr et à Serge Gainsbourg et sa Marseillaise reggae. Il faut attendre les années 90 avec Tonton David puis Pierpoljak pour que le reggae atteigne le sommet des charts.
![]() Nuttea (photo : Delabel, DR)- |
"Underground" au grand jour
A côté de ce circuit "grand public", se maintient un milieu plus "underground", réservé aux connaisseurs, de plus en plus nombreux. Ils découvrent les nouveautés de Kingston sur des radios indépendantes (comme Nova ou Générations à Paris) ou dans la presse spécialisée (Reggae Massive, Ragga, Natty Dread, Radikal, L’Affiche…) ; se retrouvent dans les soirées animées par des sound systems ("discothèques" mobiles avec deejay au micro, selector et operator derrière les platines) et se fournissent en son auprès de disquaires importateurs.
Fanny Feeny a ouvert à Paris, en 1982, le Blue Moon, l’un des tout premiers magasins de disques consacrés au reggae. "Au départ, nous étions peu nombreux sur ce créneau ; aujourd’hui, il existe une dizaine de disquaires spécialisés à Paris. La demande est plus importante depuis cinq ans, a-t-elle expliqué à la rédaction de tf1.fr. Avec le dancehall (ragga), le reggae est devenu plus urbain donc plus proche du rap, attirant une nouvelle clientèle, plus jeune". Même constat à Lille, Marseille, Montpellier ou Lyon, où les disquaires spécialisés réalisent 80 à 90% de leurs ventes sur des imports jamaïcains de dancehall -des vinyls essentiellement car la majeure partie de la production jamaïcaine est enregistrée sur ce support (45 tours surtout).
Reste que le succès du reggae en France trouve peu d’écho dans les grands médias français. Ce décalage, le rap hexagonal en a longtemps souffert avant de s’imposer. L’avenir dira si le reggae obtiendra une reconnaissance de la même importance.
(1) Dans les DOM-TOM -surtout en Martinique et en Guadeloupe, du fait de leur proximité culturelle et géographique avec la Jamaïque-, le reggae et le ragga sont profondément ancrés dans le paysage musical local.
(2) et parfois même une terre d’accueil : Tyrone Downie, ex-Wailers, s’est installé à Montpellier et participe à la production de nombreux albums de reggae français.
photo d'ouverture : Pierpoljak, lauréat d'une Victoire de la musique dans la catégorie "album rap, groove, reggae", le 17 février 2001 sur la scène de l'Olympia à Paris (AFP)
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