Sectes : "Maintenant, il faut aller plus loin"

Par , le 31 mai 2001 à 07h00 , mis à jour le 30 mai 2001 à 15h46

L’Assemblée nationale a adopté mercredi en seconde lecture la loi anti-sectes. Jeanine Tavernier, présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu, est évidemment satisfaite. Tout en affirmant qu’il y a encore beaucoup de choses à faire.

ots vignette 1 © INTERNE

tf1.fr : On imagine votre contentement avec l’adoption de la loi anti-sectes à l’Assemblée.


Jeanine Tavernier-

Jeanine Tavernier
 : C’est bien sûr une grande satisfaction. Depuis 27 ans, nous nous sommes battus, souvent seuls contre tous. Personne ne prenait en compte nos remarques. Cette loi est le résultat de ce long combat. Elle va permettre de mieux lutter contre les sectes et d’éviter notamment que les victimes tombent dans le piège. Souvent, elles expliquent qu’elles ont eu l’impression de trouver une communauté, et non pas une secte. Elles croient découvrir un paradis, mais se font en fait abuser. Ensuite, c’est très difficile d’en sortir.

tf1.fr : Pour vous, cette loi est-elle un aboutissement ou n'est-elle qu'une première étape ? 
J.T.
 : Il faut aller plus loin et notamment être cohérent. On ne peut pas ainsi par


Les principales
dispositions de la loi

- dissolution
des sectes
condamnées
par les tribunaux pour
un certain nombre
d'infractions
Cette disposition
sera applicable
aux sectes qui agissent
sous la couverture
d’associations
droit renforcé des victimes
avec l’étendue
du délit d'abus 
de l'état de faiblesse
ou d'ignorance pour
qu'il puisse concerner
les atteintes
aux personnes
et non plus seulement
les atteintes aux biens.
-
introduction de la notion
de "sujétion psychologique"
de la victime
.

 

exemple classer la Scientologie dans les sectes multinationales comme l’Assemblée l’a fait dans son rapport et à la fois ne rien faire quand elle recrute à la vue de tous dans la rue ou dans les boîtes aux lettres.

tf1.fr : Quelles autres actions préconisez-vous ?
J.T.
 : Il faudrait toucher la secte en tant que personne morale. Pour l’instant, lors des procès, on juge surtout les adeptes. Il faudrait aussi s’intéresser à la provenance des ordres et à ceux qui les donnent.
Nous aimerions également que les cellules anti-sectes dans les différents ministères soient renforcées. Actuellement, elles sont souvent constituées d’une seule personne, peu appuyée par ses collègues car le phénomène fait peur. Il faut absolument installer des cellules sérieuses dans tous les ministères concernés par le problème.
Et à l’ADFI, on aimerait être plus soutenu. On a montré notre sérieux, notre professionnalisme.

tf1.fr : Comment expliquez les critiques que la loi a essuyées à l’étranger ?
J.T.
 : Ces critiques proviennent en fait surtout des Etats-Unis. Ce n’est pas étonnant étant donné qu’ils les soutiennent et les financent. Ils feraient mieux de balayer devant leur porte. En revanche, toutes les autres structures anti-sectes nous envient. La France est le seul pays où il y a une réelle volonté de lutter contre le phénomène.


POUR ALLER PLUS LOIN

Le site de l'ADFI

 Note : tf1.fr n'est aucunement responsable du contenu des sites externes pour lesquels elle offre des liens.

Propos recueillis

Par Fabrice Aubert le 31 mai 2001 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience