Sida : le devoir de vigilance

Par Franck LEFEBVRE , le 11 mai 2001 à 23h26 , mis à jour le 11 mai 2001 à 01h09

Pendant deux jours, TF1 et Ensemble Contre le Sida se sont mobilisés pour la recherche médicale. Malgré les progrès des traitements, le VIH est loin d'être vaincu. On constate pourtant une baisse de la vigilance, notamment chez les jeunes, comme l'explique Bertrand Audouin, directeur exécutif d'Ensemble Contre le Sida.

sidaction © INTERNE

Informations et dons en ligne : retrouvez l’opération "48 heures contre le sida" sur le Net

Tf1.fr : L’avènement des trithérapies a constitué un progrès considérable dans la lutte contre le virus VIH. Mais quelles sont les limites de ces traitements ?


La recherche progresse...
l'épidémie aussi - DR
Bertrand Audouin :
Les trithérapies ont une efficacité réelle pour retarder l’entrée dans la maladie, ce qui prolonge l’espérance de vie des personnes séropositives. Mais on constate de plus en plus d’échecs thérapeutiques, c’est-à-dire des gens pour lesquels les trithérapies ne marchent pas. Cela vient du fait que le VIH est un virus mutant : lorsqu’il est confronté à un médicament, il se transforme de manière à rendre le traitement inefficace. Les patients sont donc obligés de changer de trithérapie régulièrement ; et comme le nombre de molécules est limité, il arrive un moment où toutes les combinaisons possibles de trithérapies sont devenues inefficaces.

Par ailleurs, la trithérapie ne permet pas de guérir du sida. Elle fait baisser le nombre de "copies" du virus dans le sang ; elle limite les risques de tomber malade. Mais tout cela a un prix : les patients doivent conserver un traitement à vie – et il s’agit de traitements très lourds, avec souvent des effets secondaires très importants, qui peuvent aller jusqu’à des atteintes neurologiques, des rétinites…

Tf1 .fr : Cela fait une vingtaine d’années que le monde a découvert la menace du sida. N’y a-t-il pas aujourd’hui, malgré les limites reconnues des trithérapies, une baisse de vigilance vis-à-vis du sida ?

Bertrand Audouin : Différentes enquêtes de comportement nous révèlent que le nombre de personnes considérant le sida comme un danger direct pour elles est de moins en moins

Principaux sites sur le sida :

Sites institutionnels
Les associations
Journaux, Guides
A l'étranger

Exprimez-vous sur notre forum

important. En 1994, une personne interrogée sur trois craignait le sida pour elle-même ; en 1999, seulement une personne sur cinq. Autre indicateur : les ventes de préservatifs en France ont baissé de plus de 5% l’an dernier. Par ailleurs, le nombre de contaminations en France reste stable – entre 5.000 et 6.000 par an – et la moitié des personnes qui arrivent au stade sida, au stade de la maladie déclarée, ne se savaient pas séropositives. Autant d’éléments qui montrent que l’information est toujours insuffisante, que le sida reste une maladie taboue, et qu’il y a encore trop de gens, aujourd’hui, qui ne se sentent pas concernés.

Tf1 .fr : Quels sont les facteurs qui pourraient expliquer ce relâchement ?

Bertrand Audouin : Il y a tout d’abord le fait que l’on se heurte à une maladie complexe, pour laquelle il existe des traitements, mais qui ne permettent pas d’obtenir une guérison. Et souvent, les gens n’ont pas vraiment conscience de la "lourdeur" de ces traitements. Il y a eu aussi des simplifications abusives dans la manière dont les médias ont relayé l’information. Tout ceci a pu, parfois, laisser penser aux gens que le sida était vaincu. De plus l’information, en particulier vers les jeunes, a été un peu laissée de côté par les pouvoirs publics. Actuellement, les établissements scolaires, collèges comme lycées, fournissent trop peu de renseignements sur le sida. Les associations qui interviennent au sein des écoles entendent les mêmes questions sur le VIH que celles qu’on pouvait entendre il y a une quinzaine d’années. Des questions vraiment basiques, du style : "peut-on attraper le sida par une piqûre de moustique", "peut-on être contaminé en buvant dans le même verre qu’un séropositif"… On est obligé de le reconnaître, aujourd’hui encore, le niveau d’information sur le sida est insuffisant.

______________________________________________________________________

Autres liens utiles :

Informations sur le VIH :

- Le Guide Têtu+ Edition 2001, le guide gratuit d’information sur le VIH
- Sida - Définition et explications
- Histoire du sida : les nouvelles théories
- Actions Traitements : l’information faite par des séropositifs

Centres de surveillance de l’épidémie :

- Centre européen pour la surveillance épidémiologique du sida (Ceses)
-
Fédération nationale des centres de lutte contre le Sida (FNCLS)
-
Promotion de l'information scientifique, thérapeutique, épidémiologique sur le Sida (Pistes)

PROPOS RECUEILLIS

Par Franck LEFEBVRE le 11 mai 2001 à 23:26
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience