© INTERNELe week-end ne fut qu'une brève éclaircie : après le film d'animation Shrek et le nouvel opus de Joël Coen ("The man who wasn't there"), le Festival retrouve en ce début de semaine la noirceur, avec un film français sur un tueur en série italien et le nouveau long-métrage de l'Autrichien Michael Haneke, qui avait troublé la croisette il y a deux ans avec Funny Games et sa description crue d'une violence méthodique et gratuite.
Avec Roberto Succo, Cédric Kahn, réalisateur français, fera ce lundi ses premiers pas dans la sélection officielle cannoise. Mais il a déjà roulé sa bosse : remarqué dès son premier long métrage, Bar des rails, il a vite confirmé son talent en obtenant le prix Jean Vigo pour son second, Trop de bonheur (à l'origine, un téléfilm commandé par Arte). C'est surtout avec son troisième long-métrage qu'il se fera un nom. L'Ennui, film sulfureux et philosophique adapté d'un roman d'Alberto Moravia, a fait parler de lui, obtenu le prestigieux prix Louis-Delluc et révélé Sophie Guillemin (la copine du Harry qui nous voulait du bien).
Roberto Succo s'inspire d'un fait-divers réel. Le film raconte la rencontre d'une timide adolescente, Léa, avec un garçon mystérieux et taciturne d'une vingtaine d'années, à l'accent indéfinissable, qui se fait appeler Kurt mais prétend être Italien. Les deux tourtereaux se retrouvent en Savoie tous les week-ends : pendant cette période, les journaux évoquent des enlèvements, des cambriolages, des meurtres... La police soupçonne Kurt. Le Kurt en question est interprété par Stefano Casetti, un inconnu de 26 ans. Isild Le Besco, qui interprète Léa, est en revanche plus connue, notamment grâce à son rôle d'ingénue dans le Sade de Benoît Jacquot. Roberto Succo est l'un des quatre films français en compétition officielle, sûrement le plus "grand public".
La Pianiste
Une professeur de piano de conservatoire de Vienne fréquente les cinémas pornos et les peep-shows pour échapper à l'emprise de sa mère, avec laquelle elle vit en vase clos. Elle vit de voyeurisme morbide et d'autos-mutilations jusqu'à ce qu'un élève décide de la séduire. On a lu synopsis plus joyeux. Mais la gaieté n'est pas le fond de commerce du cinéaste autrichien Michael Haneke, dont c'est le troisième film en compétition. En 1998, il avait défrayé la chronique avec Funny Games, qui filmait de manière crue les violences que faisaient subir deux jeunes à une famille prise en otage. Cinéaste froid, il dissèque avec une caméra clinique les déviances de la société moderne : nul doute qu'il ne laissera pas les festivaliers en paix cette année.
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