© INTERNELa séparation des époux Kamal et la dispute pour la garde de leur fille, la petite Laurianne, a progressivement tourné à un imbroglio judiciaire nourri par des accusations de pédophilie perpétrées par l'avocat du père à l'encontre de magistrats niçois.
L'affaire débute avec le divorce du couple, prononcé le 23 juin 1993 par le TGI de Nice. Le père, Karim Kamal, saisit le juge des enfants, soutenant que sa fille, alors âgée de 4 ans et dont la garde a été confiée à la mère qui a refait sa vie, "est en danger". Karim Kamal, qui se bat pour récupérer la garde de son enfant, fait valoir plusieurs expertises médicales dont certaines font état d'ecchymoses sur le corps de l'enfant. Les médecins ne décèlent toutefois aucune trace de violences sexuelles, que la fillette avait pourtant évoquées à plusieurs reprises.
"Un réseau de prostitution enfantine"
Placés en garde à vue, Marie-Pierre Guyot et son compagnon nient de tels agissements et dénoncent une manipulation. Entendue par un juge des enfants, en janvier 1994, la fillette a expliqué que "son papa l'avait obligée à dire du mal de sa mère et de son nouveau compagnon". Profitant de son droit de visite et d'hébergement, Karim Kamal s'enfuit en février 1994 avec sa fille aux Etats-Unis, où il trouve refuge chez sa sœur, avocate en Californie.
Marie-Pierre Guyot-Kamal ira chercher sa fille qu'elle ramènera en France. Après ce retour, d'autres plaintes ont été déposées par les parents de Karim Kamal, le 2 septembre 1994. Ceux-ci évoquent des "dysfonctionnements" au sein de la juridiction niçoise. Le nom d'un magistrat niçois et l'épouse d'un autre, qui se sont impliqués dans ce dossier au profit de la mère, ont été cités dans une procédure. Parmi les expertises diligentées, aucune n'établit formellement des traces de sévices sexuels sur l'enfant. Et l'information judiciaire ouverte contre X, le 8 avril 1994 à Nice, conclut à une ordonnance de non-lieu, rendue par le doyen des juges Jean-Paul Renard.
Dans cette affaire, qui a connu de nombreux rebondissements depuis près de dix ans, l'ancien avocat de M. Kamal, Me Miguel Grattirola, avait notamment affirmé dans un courrier au président du TGI de Nice que des magistrats et avocats étaient impliqués "dans un réseau de prostitution enfantine". Poursuivi pour "outrage à magistrat", condamné à une peine de prison avec sursis, Me Grattirola a été finalement réhabilité par la Cour de Cassation en 1999.
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