© INTERNEPour la première fois, un procès en révision confirme la culpabilité de l'accusé. Comme en 1989, mais cette fois à la surprise générale, Patrick Dils a en effet été reconnu coupable du double meurtre d'Alexandre et de Cyril, commis en 1986 à Montigny-lès-Metz, en Moselle. A l'époque, il avait été condamné à perpépuité. Cette fois, il écope d'une peine de 25 ans.
Le verdict de la Cour d'assises des mineurs de la Marne est d'autant plus surprenant que l'avocat général avait demandé l'acquittement lors de ses réquisitions, en raison de "l'impossibilité horaire pour Patrick Dils d'avoir commis ce crime". La Cour et le jury, huit hommes et quatre femmes, n'ont en outre pas reconnu l'excuse de minorité alors que l'accusé n'avait que 16 ans au moment des faits. Une décision très dure puisque même les avocats des parties civiles avaient soulevé ce point dans leurs plaidoiries.
"Je suis innocent"
Fidèle à son habitude, Patrick Dils a encaissé le choc sans réagir ouvertement, totalement impassible. Auparavant, après plus d'une semaine de procès et avant que le jury ne se retire pour délibérer, il avait pris la parole pour tenter d'effacer la mauvaise impression qu'avait faite mercredi son incapacité à communiquer. "Je vous le dis avec mes mots à moi, je suis réellement innocent". Des mots qui n'ont donc pas convaincu les jurés.
Dès l'annonce du verdict, intervenu vendredi peu après 23 heures, Jacqueline Dils, la mère de
l'accusé, s'est dite "effondrée". "Je ne comprends pas la décision alors que l'avocat général est pour. Je ne peux pas savoir ce qui s'est passé là-dedans, je ne sais pas ce que nous allons faire", visiblement très marquée. De son côté, Ginette Beckrich, la grand-mère du petit Alexandre, "ne crie pas victoire". Elle ajoute qu'elle était sûre que la Cour et le jury ne pouvait que condamner Patrick Dils devant "un dossier qui parlait (...) et des confessions si terribles". 
Me Florand et Jacqueline Dils-
"Pas de justice"
Même contraste chez les avocats. Me Bertrand Becker, l'un des deux défenseurs du condamné, s'est élevé contre "une décision mi-figue mi-raisin, mais pas de justice. Cela veut dire qu'on peut sortir Patrick Dils par la petite porte dans les semaines à venir par le jeu des remises de peines". Me Dominique Rondu, l'avocat des partices civiles, était bien sûr pour sa part satisfait.
Quoi qu'il arrive désormais -sauf infirmation du verdict en appel, Patrick Dils sera toujours considéré coupable du double meurtre par la justice. Il n'existe en effet aucune possibilité juridique pour rouvrir une enquête sur les soupçons pesant sur Francis Heaulme, présent sur les lieux du crime le jour même.
Et maintenant ? L'avenir pénitentiaire de Patrick Dils dépend désormais de sa décision de faire appel ou non de la condamnation. S'il ne fait pas appel, l'administration pénitentiaire calculera les remises de peines et les grâces auxquelles il a droit. Compte tenu des 14 ans et trois mois déjà effectués, il pourrait ressortir dans quelques mois, "voire quelques semaines" selon ses avocats. Ayant déjà purgé plus de la moitié de sa peine, il peut aussi prétendre à une libération conditionnelle. Ses défenseurs qualifiaient vendredi cette voie de "sortie de prison par la petite porte". Seconde solution : un appel dans les dix jours, pour bénéficier d'un nouveau procès avec l'espoir d'un acquittement. Dans ce cas, la condamnation ne sera pas définitive et donc aucun calcul de remise de peine ne pourra être effectué. Patrick Dils devra alors attendre en prison avant de comparaitre devant une nouvelle Cour d'assises des mineurs. Il pourra toutefois déposer une demande de remise en liberté auprès de la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de son lieu de détention, en l'occurence celle de Nancy puisqu'il est incarcéré à Toul, en Meurthe-et-Moselle. | |
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