© INTERNERetrouvez l'ITW de Christophe Marquez, secrétaire général adjoint du syndicat pénitentiaire ouvrière
Les surveillants de Fresnes n'en peuvent plus de leurs conditions de travail et de l'absence totale de reconnaissance de leur profession. Leur grève, entamée hier, s'est poursuivi ce matin. Et le mouvement a de bonnes chances de s'étendre, car la colère des surveillants de Fresnes est contagieuse. Elle a déjà gagné les prisons de Poissy, Béziers et Clermont-Ferrand. Un mouvement symbolique a également eu lieu devant la maison d'arrêt de Villepinte. Vendredi après-midi, les représentants nationaux de l'intersyndicale pénitentiaire - UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire) FO et CGT - ont appelé à Fleury-Mérogis à paralyser l'institution pénitentiaire jeudi prochain.
Hier, ils étaient une soixantaine de surveillants à avoir dressé des piquets de grève devant la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Une manifestation dans le calme pour montrer leur solidarité à leur collègue blessé lors de la tentative d'évasion dimanche dernier. Toute la journée, l'accès des parloirs était bloqué, à la grande déception des familles. Sur la grille d'entrée de la prison, les surveillants avaient accroché une banderole : "On pense à toi Nico", diminutif de Nicolas, le prénom du surveillant blessé par balles au thorax et dans un état stationnaire.
Echauffourées avec les CRS
Mais dans la soirée, les habituels cris des prisonniers qui traversent 24 heures sur 24 l'enceinte de la prison pour venir s'écraser sur les murs de la cité environnante ont été couverts par d'autres : des cris venus de l'extérieur. Des cris de surveillants qui après plusieurs heures de retenue ont laissé jaillir leur colère. "Vous vous rendez compte que la jeune mère a appris que son mari était blessé par balles par la radio", se sont indignés plusieurs manifestants, en faisant circuler une pétition pour que soit mise en place une procédure de communication et de soutien aux familles lors d'événements exceptionnels. Un face-à-face s'en est suivi entre personnel pénitentiaire et CRS, donnant lieu à des échauffourées.
A Paris, à la prison de la Santé, une vingtaine de surveillants de FO et de la CGT ont également manifesté leur solidarité avec leur collègue de Fresnes en organisant des piquets de grève avec blocage de l'accès des parloirs aux visiteurs et aux avocats mais pas aux familles.
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