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Un Congrès mondial contre la peine de mort

Alexandra Guillet par
le 20 juin 2001 à 18h40 , mis à jour le 21 juin 2001 à 18h31.
Temps de lecture
4min
Peine de mort : le Texas bat des records

Crédits : INTERNE

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SociétéAujourd'hui s'ouvre à Strasbourg le premier Congrès mondial contre la peine de mort. Un Congrès qui entend convaincre près de la moitié des pays de la planète d'en finir avec ce châtiment, en lançant notamment un appel solennel pour un moratoire mondial des exécutions.

"L'objectif ultime, c'est l'abolition universelle". Aujourd'hui, encore 86 pays pratiquent la peine de mort. A l'initiative de l'association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et en partenariat avec le Parlement européen, le Conseil de l'Europe, l'Assemblée nationale française et plusieurs organisations non gouvernementales de défense des droits de l'Homme, se tient à partir d'aujourd'hui à Strasbourg le premier congrès mondial contre la peine de mort. Quelque 110 personnes - dont 18 présidents de parlements d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Sud et d'Afrique, ainsi que d'anciens condamnés à mort innocentés – y participeront.

La disparition totale de la peine capitale "n'est certes pas pour demain", reconnaît d'emblée Michel Taube, le président d'ECPM, mais les trois journées de débats et de témoignages permettront déjà "de définir des stratégies régionales d'abolition de la peine de mort" dans les 86 pays qui la pratiquent encore.

La peine de mort abolie dans 109 pays sur 195

La peine de mort, abolie de droit ou de fait dans 109 pays sur 195, est en recul constant dans le monde, où une trentaine de pays y ont renoncé depuis 1990, alors que les appels en faveur de moratoires sur les exécutions se multiplient. Selon des chiffres fournis par Amnesty International, 75 pays, essentiellement européens et latino-américains, avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes, au 1er avril. Le Chili est venu s'ajouter à la liste des pays abolitionnistes le 29 mai dernier. Treize pays ont supprimé la peine capitale uniquement pour les crimes de droit commun et 20 autres peuvent être considérés comme abolitionnistes de facto: ils conservent la peine de mort dans leur arsenal législatif, mais ne l'appliquent plus depuis au moins dix ans. Les 15 pays de l'Union européenne ont tous supprimé la peine de mort. Elle reste formellement en vigueur dans trois pays membres du Conseil de l'Europe, la Turquie, la Russie et l'Arménie, qui appliquent toutefois un moratoire sur les exécutions depuis plusieurs années

"Le cas américain"

Au moins 1.457 détenus ont été exécutés dans 28 pays en 2000, et 3.058 personnes condamnées à mort dans 65 pays, selon Amnesty International, qui parle de chiffres "certainement en-deçà de la réalité". Dans le peloton de tête, l'Arabie Saoudite, la Chine, les Etats-Unis et l'Iran ont concentré 88% des exécutions recensées en 2000. Au moins 1.000 personnes ont été exécutées en Chine. Le plus grand nombre d'exécutions de mineurs a été officiellement enregistré aux Etats-Unis, où 14 adolescents ont été tués entre le 18 mai 1990 et le 22 juin 2000. Si certains pays tentent de rétablir la peine capitale - comme la Gambie, la Papouasie Nouvelle-Guinée et les Philippines - l'association Ensemble contre la peine de mort, se félicite néanmoins de la multiplication, de la part d'organisations intergouvernementales, des appels en faveur de moratoires.

Les Etats-Unis occuperont donc une grande place dans ce congrès. Le colloque donnera aussi la parole à une dizaine de "grands témoins", personnellement confrontés à la peine capitale, comme Patrick Maurice, condamné à mort en 1980, grâcié et sorti de prison au printemps 2000. Des bâtonniers du monde entier interviendront également sur le rôle des avocats dans la lutte contre la peine de mort. Vendredi après-midi, les 18 présidents de parlements s'exprimeront dans l'hémicycle du Parlement européen, lors d'une séance solennelle présidée par la présidente du PE, Nicole Fontaine, et le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Lord Russell-Johnston. Ils signeront ensuite un "appel aux Etats pour un moratoire mondial des exécutions sur le chemin de l'abolition universelle", présenté par le président de l'Assemblée nationale française, Raymond Forni. Le Congrès se prolongera samedi par une marche silencieuse, entre le Palais de l'Europe et le centre-ville de Strasbourg, ainsi que par des débats, des rencontres culturelles et une rétrospective cinématographique.

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