Evacuation dans le calme à Châtelet-sur-Retourne

Par A. G. , le 04 juin 2001 à 07h55 , mis à jour le 04 juin 2001 à 08h14

Depuis lundi soir, 21 heures, tous les habitants deChâtelet-sur-Retourne ont quitté leurs maisons, pour permettre une opération de déminage. Une évacuation qui s'est déroulée dans le calme, les riverains ayant été prévenus à l'avance et les obus ne présentant aucun danger toxique.

chatelet pancarte obus © INTERNE

Les 540 habitants du Châtelet-sur-Retourne, un petit village des Ardennes, ont dû préparer leurs paquetages pour un voyage inattendu. Depuis lundi soir, leur bourg s'est transformé en ville morte. Pendant dix jours, à l'instar des 12.000 personnes de la région de Vimy (Pas-de-Calais) en avril, ils cèdent la place aux démineurs. Mais contrairement aux habitants de Vimy qui avaient du être évacués dans l'urgence, les Ardennais ont pu se préparer tranquillement à quitter leur village depuis plusieurs semaines. Les habitants non hébergés chez des proches ont été installés dans des appartements meublés, des hôtels ou des gîtes ruraux. Les animaux n'accompagnant pas leurs maîtres ont été accueillis dans un centre d'hébergement, tandis que 20 personnes ont été désignées pour pourvoir aux besoins de ceux qui restent sur place.

170 tonnes d'obus datant de 14-18


Les obus sont placés dans des caisses-
Cette évacuation est la conséquence de la découverte de près de 170 tonnes d'obus datant de la première Guerre mondiale en janvier lors de travaux de lotissement, près de ce village du sud des Ardennes. Il s'agirait d'environ 8.000 munitions allemandes d'artillerie de 77, 105 et 150 mm, stockées sur un périmètre de quinze mètres sur douze. Selon les anciens du village, les Allemands avaient stocké les munitions en 1917, dans plusieurs dépôts souterrains, dont la majorité avaient été traités par des récupérateurs de métaux après le conflit mondial.

Mais selon les spécialistes, contrairement à Vimy, aucun de ces obus ne contient de produits toxiques. Leur dégagement avant transport vers un camp militaire, probablement à Sissone (Aisne), où ils devraient être mis à feu, sera néanmoins très long. Un périmètre de 800 mètres de rayon a été défini autour du site pour permettre aux artificiers de travailler en toute tranquillité à partir de mardi. Cela englobe le village tout entier, mais aussi la RN 51 et la voie de chemin de fer Reims-Charleville-Mézières, dont il faudra détourner ou coordonner les circulations.

Par A. G. le 04 juin 2001 à 07:55
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