Journées "portes ouvertes" à la prison de Borgo

Par Philippe MATHON , le 25 juin 2001 à 11h42 , mis à jour le 25 juin 2001 à 12h01

Après "l'évasion par fax" accomplie le 5 juin, la maison d'arrêt de Haute-Corse a connu lundi matin une nouvelle "belle", par les airs cette fois.

Maison d'arrêt Corse © INTERNE

La saison estivale donnerait-elle de l'inspiration aux détenus corses ? Force est de constater qu'il règne une envie de maquis depuis quelques semaines. Deux "belles" en moins d'un mois à la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse) : voilà de quoi alimenter le débat sur les moyens de l'administration pénitentiaire dans l'Hexagone.

Un détenu s'est évadé de l'établissement en milieu de matinée, lundi, avec l'aide de complices qui ont détourné un hélicoptère de la sécurité civile. Louis Carboni, 45 ans, détenu pour trafic de stupéfiants et infraction à la législation sur les armes, s'est accroché vers 10 heures à un filin descendu de l'hélicoptère dont le pilote et le mécanicien de bord avaient été pris en otages sur l'aire d'atterrissage de l'hôpital de Bastia. Tout s'est passé sans que le moindre coup de feu ne soit tiré. L'appareil a été abandonné à deux pas d'ici, à Furiani, avec les deux membres d'équipage. Le détenu et ses complices, apparemment au nombre de quatre, ont pris la fuite en moto.

Louis Carboni : un habitué des cavales

Louis Carboni est un bandit chevronné, qui avait mené une longue cavale de 5 ans avant d’être arrêté dans la région de Perpignan en janvier dernier. Fiché au grand banditisme, il avait été condamné par contumace, en Corse, à 15 ans de réclusion criminelle pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs. L’homme, âgé de 45 ans, était sous le coup d’un mandat d’arrêt international, lors de son arrestation le 24 janvier 2001 à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), dans une luxueuse villa qu’il louait depuis six mois sous un faux nom.

"Moins de deux minutes ont eu raison des certitudes du ministère de la Justice et de toutes les belles théories de ceux qui se font fort de restaurer la sécurité en libéralisant à outrance le régime de détention au sein des prisons françaises", regrettent le Syndicat national pénitentiaire FO dans un communiqué.

Douloureux précédent

Le 5 juin, déjà, trois détenus de cette maison d'arrêt sont sortis par la grande porte de la prison sur la foi… de fausses levées d'écrou envoyées par fax à en-tête du tribunal de grande instance d'Ajaccio. Activement recherchés par la police, les trois malfaiteurs présumés avaient été mis en examen et écroués pour "tentative d'extorsion de fonds en bande organisée, association de malfaiteurs et infraction à la législation sur les armes".

Le service régional de la police judiciaire d'Ajaccio avait alors été saisi par le parquet de Bastia de l'enquête sur cette cavale qualifiée d'affaire "très lourde" par la garde des Sceaux, Marylise Lebranchu.

Par Philippe MATHON le 25 juin 2001 à 11:42
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