Kaisersmertz : première nuit en prison

Par Alexandra GUILLET et Franck LEFEBVRE , le 13 juin 2001 à 07h00 , mis à jour le 11 juin 2001 à 09h50

L'ancien instituteur, accusé d'actes pédophiles sur plusieurs dizaines d'enfants, a passé sa première nuit dans la maison d'arrêt de Nevers, où il est arrivé mardi après 19 heures. Il s'était rendu à la police en cours de matinée à l'issue d'une brêve course-poursuite. Il assistera donc à son procès devant la cour d'assises de la Nièvre dès vendredi.

kaisersmetz2 © INTERNE

C'est sous bonne escorte, dans un cortège de quatre motards et deux voitures de la gendarmerie de Nevers, que Jacky Kaisersmertz a été transféré mardi après-midi vers la Nièvre. L'ancien instituteur, qui a affirmé aux gendarmes ne pas vouloir être pris en photo ou filmé, est sorti la tête dissimulée sous une veste peu après 16 heures. Le convoi est arrivé peu après 19 heures à Nevers, où son procès devrait débuter vendredi avec quatre jours de retard. Selon son avocat, Me Françoise Cotta, "il n'est pas en état de donner des explications cohérentes. Il dit qu'il n'a pas voulu se soustraire à la justice et qu'il s'est perdu".

Celui que tout le monde appelait familièrement "Jacky" ou "Kaiser" est aujourd'hui accusé de "viol et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité". L'accusation de "viol" est au singulier, un seul cas ayant été retenu. Mais des recherches élargies à toute la France, après la découverte de la première victime (un jeune policier, ancien membre d'un club sportif animé par Kaisersmertz, qui s'était suicidé après avoir accusé l'ex-instituteur de l'avoir violé durant son enfance) ont permis aux enquêteurs d'identifier plusieurs dizaines de victimes. Kaisersmertz risque vingt ans de réclusion criminelle.

24 heures de traque

Jacky Kaisersmertz aurait dû comparaître libre à son procès en début de semaine. Mais lors de la première audience, le box des accusés était resté vide... Kaisersmertz avait pris la fuite. Il aura fallu 24 heures de recherches à la gendarmerie pour retrouver et arrêter l'ancien instituteur de Cosne-sur-Loire. Son interpellation s'est déroulée vers 10h15 au lieu-dit La Friterie à Bellac (Haute-Vienne). Selon le capitaine de gendarmerie Laurent Maurice, commandant de la brigade de gendarmerie de Bellac, Jacky Kaizersmertz, au volant d'un R21 Nevada grise, a percuté un camion lorsqu'il s'est aperçu qu'il était suivi par une patrouille de gendarmes. Sorti "totalement indemne" de l'accident, le fuyard a néanmoins été examiné par un médecin.

La raison de cette incroyable absence de Kaisersmertz pour son propre procès : arrêté en mai 1997, il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire en novembre 1998, avec interdiction de séjourner dans les départements de la Nièvre, du Cher et du Loiret. Instituteur à l'école Paul-Bert de Cosne-sur-Loire de 1967 jusqu'à son départ à la retraite en 1993, Jacky Kaisersmertz était très connu à Cosne (une petite ville de 12.000 habitants) pour son action d'entraîneur au sein de la section de gymnastique de l'Union cosnoise sportive.

(Photo Une, Jacky Kaisersmertz - DR)

Par Alexandra GUILLET et Franck LEFEBVRE le 13 juin 2001 à 07:00
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