Karim Kamal, le premier réfugié politique français aux Etats-Unis ?

Par Philippe MATHON , le 15 juin 2001 à 11h35 , mis à jour le 15 juin 2001 à 11h49

Décision sans précédent dans les annales judiciaires entre les deux pays : ce Français d'origine marocaine, qui se dit victime de "persécutions" de la part du système judiciaire niçois, pourrait obtenir l'asile politique aux Etats-Unis la semaine prochaine.

[Expiré] [Expiré] kamal nice justice © AFP

Mœurs, politique, justice : l'"affaire" Karim Kamal  possède tous les ingrédients d'une grande affaire judiciaire. L'homme, réfugié aux Etats-Unis depuis le printemps 94, pourrait obtenir dans une semaine l'asile politique aux Etats-Unis. Une décision sans précédent qui aurait pu intervenir un peu plus tôt sans le dépôt, jeudi, d'une objection émise par un avocat du département de la Justice. Ce recours, finalement retiré en fin de journée, a conduit au blocage temporaire de la procédure d'octroi de l'asile.

Kamal devra encore attendre l'audience de la semaine prochaine pour être fixé. Là, le magistrat devrait en principe lire publiquement et signer le document qui fera de lui un exilé politique. Une décision susceptible d'être contestée dans un délai de 30 jours par les services américains de l'Immigration.

Intervention du gouvernement français ?

Là où les choses se compliquent encore, c'est que, selon l'avocate et sœur de Karim Kamal, Dalila Kamal-Griffin, le gouvernement français serait "intervenu" auprès des autorités américaines pour obtenir quelques jours de délai. "Cette décision est terrible pour l'Etat français, affirme Me Kamal-Griffin. Finnegan (l'avocat du département)  en personne m'a dit que le gouvernement français avait joint le département de la Justice par téléphone plusieurs fois", a-t-elle ajouté.

Le volet américain de l'"affaire Kamal" avait en fait déjà été tranché le 16 décembre 2000 par Ronald Ohata. Ce juge de Los Angeles avait estimé que Kamal, qui a quitté la France en 1994 après avoir tenté en vain d'obtenir l'ouverture d'une enquête sur des sévices sexuels présumés sur sa fille mineure, avait été victime d'un "déni de justice" et qu'il méritait à ce titre d'obtenir l'asile politique. "Pour la patrie des droits de l'Homme", cette décision du juge est "une claque assez retentissante", a lâché jeudi soir le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier.

Par Philippe MATHON le 15 juin 2001 à 11:35
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