© AFPTF1.fr : Pourquoi démarrer par un tel chantier, qui plus est un chantier qui risque de ne pas faire l'unanimité chez les Parisiens ?
Denis Baupin : Paris étouffe sous la pression de l'automobile : pollution de l'air, nuisances sonores, envahissement de l'espace public… Bref, jusqu'à présent la ville a prioritairement été adaptée à l'automobile. Fluidifier la circulation des transports en commun, c'est encourager leur utilisation et notamment pour les automobilistes qui souhaitent changer leur mode de déplacement.
L'objectif n'est pas de créer des difficultés aux automobilistes mais de rétablir un équilibre entre les différents usagers de l'espace public
Lors des dernières élections, les Parisiens ont exprimé le souhait de donner une part prépondérante aux transports collectifs et aux circulations douces. Après notamment le lancement de la concertation sur le tramway dans sa portion sud et l'ouverture aux piétons, cyclistes, rollers des voies sur berges les jours fériés et cet été, du 15 juillet au 15 août, il était important de lancer un programme permettant de fluidifier la circulation des bus sur les points noirs de la circulation. Ce que nous allons réaliser par la mise en place de 41 km de voies protégées de la circulation et ouvertes aux vélos. Lorsque la contrainte des livraisons est légère, la protection est réalisée par une bordurette haute. Pour les artères commerçantes dépourvues de contre-allée, les couloirs sont bordés par une banquette de 0,70 m le long de laquelle les livraisons sont autorisées coté circulation automobile.
tf1.fr : En fait, votre objectif réel n'est-il pas de créer un maximum de bouchons pour décourager, à terme, les automobilistes de prendre leurs voitures
?Denis Baupin : L'objectif n'est pas de créer des difficultés aux automobilistes mais de rétablir un équilibre entre les différents usagers de l'espace public en redistribuant raisonnablement celui-ci. Il s'agit de garantir aux transports publics de surface, aux vélos et aux taxis de bonnes conditions de circulation à travers Paris grâce à l'aménagement de ces couloirs protégés.
tf1.fr : Comment comptez-vous faire respecter ces couloirs bus ?
Denis Baupin : Le respect des couloirs bus est un problème majeur. Aujourd'hui ils sont, de fait, trop souvent transformés en voies de circulation pour les automobilistes ou en voies de livraison quand ils ne sont pas utilisés en aire de stationnement ! Ce nouveau plan en faveur des autobus permettra un meilleur respect de ces couloirs tant de la part des automobilistes que des livreurs.
tf1.fr : En plus de la création de couloirs bus en vue de faciliter leur circulation dans la Capitale, le trafic des bus sera-t-il augmenté ?
A Paris, les bus ne génèrent que 3 % de la pollution générale des transports et polluent 15 fois moins que les voitures par personne transportée.
Denis Baupin : L'amélioration des conditions de circulation des autobus contribue à accroître leur régularité et le confort des usagers donc leur niveau de service. Ces 41 km ne sont qu'une première étape qui sera renforcée par la mise en œuvre du réseau Mobilien, conformément aux orientations du PDU, qui prévoit d'améliorer l'accessibilité et la fréquence des lignes ayant le label "Mobilien".
tf1.fr : Diminuer la circulation des voitures vise à réduire le taux de pollution dans la capitale, mais mettez un cycliste derrière un bus et il risque l'asphyxie immédiate… Des mesures pour réduire la pollution des bus vont-elles être prises en parallèle ?
Denis Baupin : La RATP s'est engagée dans un vaste plan de réduction de la pollution des bus, en s'appuyant à la fois sur une modernisation de la flotte des véhicules, sur l'utilisation de carburant moins polluants et sur le recours aux énergies alternatives (gaz, électricité). La Ville a participé significativement à cet effort en finançant la pose de filtres à particules sur les autobus. Rappelons qu'à Paris, les bus ne génèrent que 3 % de la pollution générale des transports et polluent 15 fois moins que les voitures par personne transportée.
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