Pasqua, 74 ans, montre toujours ses dents

Par Philippe MATHON , le 05 juin 2001 à 11h27 , mis à jour le 05 juin 2001 à 11h40

Malgré sa triple mise en examen, le président du RPF confirme "plus que jamais" sa candidature à l'élection présidentielle et égratigne Jacques Chirac.

pasqua mis en examen © INTERNE

Même blessé, il attaque. Charles Pasqua l'affirme haut et fort mardi matin dans Le Figaro : pas question de mettre sa carrière politique en sommeil sous prétexte que des juges l'ont mis en examen à trois reprises. Son énergie étant "intacte", l'homme se dit "plus que jamais" décidé à être candidat à l'élection présidentielle de 2002. "Bien sûr j'aimerais avoir dix ans de moins, mais les ans ne font rien à l'affaire: lorsqu'on a des convictions et qu'on est déterminé, on se bat jusqu'au bout de ses idées. C'est ce que je ferai".

Convaincu que sa candidature "dérange beaucoup de monde", Charles Pasqua brandit sans le dire la menace du complot : "Qui ne voit que mes ennuis avec la justice ont commencé dès que j'ai annoncé ma candidature à l'élection présidentielle ?".

Pression sur Chirac

Charles Pasqua juge particulièrement "aberrante" sa mise en cause pour trafic d'influence pour avoir fait délivrer l'ordre national du Mérite à Arcadi Gaydamak. Selon lui, "en remettant en cause la légitimité de la distinction accordée à Gaydamak, le pouvoir judiciaire s'immisce dangereusement dans le fonctionnement du pouvoir exécutif". "Le chef de l'Etat peut-il tolérer cette intrusion ? Je ne le crois pas". Le président du RPF demande donc au chef de l'Etat d'intervenir en faveur de Gaydamak [NDLR : aujourd'hui en fuite] , un homme d'affaires mis en examen dans l'affaire du trafic d'armes en Angola et décoré il y a quelques années par Jacques Chirac pour "le rôle qu'il a joué lors de la libération des pilotes français en Bosnie", affirme Pasqua.

"C'est à Chirac de déterminer quel est le moyen approprié pour dire le rôle réel de Gaydamak et confirmer l'attribution de cette décoration, qui n'a rien d'injustifiée", explique-t-il. "Gaydamak a seulement voulu rendre service à la France. Jacques Chirac était régulièrement informé de cette mission", souligne non sans malice le député européen. Une bonne manière pour le patron du RPF de montrer au président de la République qu'il ne se laissera pas faire. Et si les choses n'étaient pas assez claires, Pasqua a définitivement (?) creusé le fossé qui le sépare de Chirac : "Il ne défend plus aujourd'hui aucune des idées sur lesquelles ont été bâtis le gaullisme et le RPR. L'image que je me fais de la France n'a rien à voir avec la sienne".

Par Philippe MATHON le 05 juin 2001 à 11:27
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