Les pillards envahissent Pointe-à-Pitre

Par , le 02 juin 2001 à 08h48 , mis à jour le 02 juin 2001 à 09h06

Feux de poubelles, pillage de magasins : la Guadeloupe a été le théâtre de nombreuses échauffourées entre jeunes pillards et force de l'ordre la nuit dernière. Deux gendarmes et cinq policiers ont été blessés dont plusieurs par balles.

poubelle feu © INTERNE

Les feux de poubelles et les pillages de magasins, dont les vitrines sont brisées ou les rideaux de fer arrachés par des groupes de jeunes très mobiles, se sont poursuivis toute la nuit dans les rues de Pointe-à-Pitre. Au moins une vingtaine de magasins divers - électro-ménager, articles de sport, vidéo-club ou cabinet vétérinaire - ont été la cible des pillards. Des actes de vandalisme et de violence déclenchés par le placement en détention, quelques heures plus tôt, d'un dirigeant de la centrale syndicale indépendantiste UGTG, qui devait être jugé en comparution immédiate mais qui avait préféré obtenir un délai pour préparer sa défense. Michel Madassamy avait été identifié parmi les membres d'un commando qui avait saccagé, dimanche dernier, une épicerie et un fast-food ayant ouverts leurs portes malgré le mot d'ordre de l'UGTG ordonnant la fermeture de tous les commerces le 27 mai, un jour férié commémorant l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe.

Plusieurs membres des forces de l'ordre blessés

Hier soir, un important dispositif de maintien de l'ordre, constitué de gendarmes mobiles et policiers, patrouillait dans les rues de la ville, en faisant épisodiquement usage de grenades lacrymogènes pour disperser les pillards. Mais au cours des échauffourées, les forces de l'ordre ont été la cible, dans certains quartiers, de jets de pierres et de tirs d'armes à feu. Deux gendarmes et cinq policiers ont été blessés. Les victimes les plus gravement atteintes sont deux gendarmes dont la voiture a été visée par trois tirs de gros calibre, "de la chevrotine N° 1". L'un a été touché à la cuisse et un autre, atteint à la tête, a heureusement été protégé par son casque, qui a été enfoncé par l'impact. Cinq policiers ont été plus légèrement blessés par des tirs provenant d'un fusil de plus petit calibre, trois d'entre eux étant respectivement atteints au visage, au bras et à la jambe.

Le 9 mai dernier, un policier guadeloupéen était déjà décédé, au cours d'une opération contre des revendeurs de crack qui a mal tournée.

Par Alexandra Guillet le 02 juin 2001 à 08:48
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