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Les politiques nient en bloc

Edité par
le 18 juin 2001 à 17h24 , mis à jour le 18 juin 2001 à 17h32.
Temps de lecture
4min
tour Elf

Crédits : INTERNE

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SociétéRoland Dumas et Loïk Le Floch-Prigent, tous deux condamnés dans l'affaire Elf, règlent leurs comptes. Ils affirment notamment qu'Elisabeth Guigou et Hubert Védrine étaient au courant des commissions au CDU d'Helmut Kohl. Ce que les deux ministres nient fermement.

L'heure des règlements de compte entre anciens dirigeants de Elf et hommes politiques a sonné. Après Loïk Le Floch-Prigent dimanche soir, c'est Roland Dumas qui a dégainé les armes, ce matin, dans les colonnes du Figaro. Trois semaines après sa condamnation à 30 mois de prison, l'ancien ministre des Affaires étrangères affirme que François Mitterrand avait "souscrit à tout le projet" concernant le rachat par Elf, en 1992, de la raffinerie est-allemande Leuna. Et d'ajouter : "y compris peut-être au versement des commissions" au parti chrétien-démocrate allemand (CDU) de l'ancien chancellier Helmut Kohl.

Guigou, Védrine et les autres… mouillés ?

L'affaire de la vente des frégates de Thomson CSF à Taïwan rebondit en Suisse avec le gel de quelque 150 millions de dollars sur des comptes ouverts auprès de deux banques zurichoises, qui pourraient être liés à cette vente, au moment où l'ancien ministre Roland Dumas reproche à la justice française son manque d'empressement dans cette enquête. La saisie des fonds a été confirmée lundi par le magistrat zurichois Dave Zollinger. "A ma connaissance, ce sont les premiers fonds découverts en Suisse qui pourraient être liés à l'affaire des frégates", indique le magistrat zurichois.

Dans son entretien au Figaro, M. Dumas estime par ailleurs que "tout l'environnement de l'Elysée était informé de cette affaire, Madame Guigou (ndlr: aujourd'hui ministre de l'Emploi et, à l'époque, ministre des Affaires européennes), Monsieur Hubert Védrine". M. Dumas met également en cause l'attitude de Mme Guigou en tant que garde des Sceaux au moment de la fin de l'instruction du volet de l'affaire Elf le concernant, pensant "qu'elle n'a pas toujours contribué au bon fonctionnement de la justice".

Déclarations auxquelles l'actuelle ministre de l'Emploi et de la Solidarité a aussitôt répondu, assurant "qu'elle n'a ni de près ni de loin participé aux négociations afférentes" au rachat d'une raffinerie à Leuna (ex-RDA) par Elf. Dans un communiqué, le cabinet de Mme Guigou rappelle que M. Dumas a cité "son nom à propos des discussions préalables à l'installation d'une raffinerie de pétrole à Leuna, en Allemagne, confiée à la société Elf. Selon les informations obtenues, les négociations ont commencé en juillet 1991. A cette date, elle était, depuis le 2 octobre 1990, ministre déléguée chargée des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères, M. Roland Dumas". Et d'ajouter: "M. Roland Dumas paraît ne pas accepter que ce gouvernement ait fait le choix sans exception de la non-intervention du pouvoir politique dans les affaires judiciaires". Et de préciser : "La justice doit être la même pour tous".

Le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a déclaré pour sa part n'avoir "jamais entendu parler" des commissions versées au CDU d'Helmuth Kohl, alors qu'il était Secrétaire général de l'Elysée sous la présidence de François Mitterand.

Le Floch-Prigent dit tout

L'ancien Pdg d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent, multiplie quand à lui, depuis quelques semaines, les mises en cause de personnalités politiques. "S'il faut que je parle à d'autres que la justice, je le ferai", avait-il déclaré après sa condamnation à trois ans et demi de prison. Lui aussi a été condamné le 30 mai dans un des volets de l'affaire Elf. Dimanche, sur Europe 1, il a mis en cause le président de Démocratie libérale, Alain Madelin et le député du Var, François Léotard, en affirmant que le président du Rassemblement pour la France (RPF), Charles Pasqua prenait les avions d'Elf "comme tout le monde", "comme M. Madelin et M. Léotard." Et d'ajouter : "A l'époque où j'étais président, les ministres socialistes prenaient le Glam (avions de l'armée de l'air à la disposition du chef de l'Etat et du gouvernement, ndlr) et l'opposition les avions d'Elf", "ceci en parfaite connaissance du président de la République".

Une semaine auparavant, l'ex-patron d'Elf détaillait dans une interview à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le mécanisme du versement de commissions occultes, lors du rachat de la raffinerie est-allemande Leuna, en 1992. Il mettait en cause "tous les collaborateurs de l'époque du président de la République concernés par les Affaires européennes", et affirmait "avoir parlé" à "Hubert Védrine et Anne Lauvergeon, alors secrétaire général et secrétaire générale adjointe de l'Elysée, à Elisabeth Guigou, comme d'ailleurs à Edith Cresson…"

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