Prisons : «C’est un signe pour Jospin»

Par , le 07 juin 2001 à 18h06 , mis à jour le 17 septembre 2003 à 22h16

Deux semaines et demi après la tentative d’évasion de Fresnes, les surveillants FO-CGT-UFAP ont organisé une journée "prison morte" pour demander davantage de sécurité. Les CRS sont intervenus à plusieurs reprises pour débloquer les accès des établissements pénitentiaires. Serge Alberny, le secrétaire général de FO-pénitentiaire, se félicite sur tf1.fr du succès de la mobilisation.

prison Fresnes © INTERNE

- tf1.fr : Quel bilan tirez-vous de cette journée d’action ?
- Serge Alberny
 : Pour nous, c’est une grande réussite. En milieu d’après-midi, 154


Serge Alberny-
établissements sur 187 étaient bloqués (ndlr : parfois, une vingtaine de manifestants suffisent à bloquer l’accès. L’Administration pénitentiaire explique d’ailleurs que seulement 2 328 surveillants participaient au mouvement). Pour nous, cette forte mobilisation n’est pas une surprise étant donné que les trois grandes représentations étaient unies. Surtout, nous avons lancé ce mouvement sur des problèmes de fond et non pas sur des revendications matérielles ou salariales. Il était axé sur le bien-être et le mieux-être au travail et sur la mise en place de vraies mesures de sécurité, aussi bien pour les surveillants que pour les détenus.

- tf1.fr : Estimez-vous que vos adhérents ont lancé un signe fort au gouvernement ?
- S.A. : Tout à fait. Et plus qu’à Mme Lebranchu, (ndlr : la ministre de la Justice), ils ont adressé ce message à Lionel Jospin. Son plan de rénovation des prisons prévoit un déblocage de 10 milliards de francs. C’est bien. Mais maintenant, il doit nous faire savoir rapidement ce qu’il compte entreprendre pour la sécurité. Il faut qu’il dise haut et fort que c’est actuellement le sujet le plus important. Et il ne faut surtout pas qu’il oublie que la campagne présidentielle se profile à l’horizon.

"Si on ne s'occupe pas de la sécurité, c'est la chienlit"

- tf1.fr : Le rapport de l’Observatoire national des prisons, présenté mercredi par Patrick Marest, affirme que les propos sur la sécurité tenus par les leaders syndicaux sont en fait déconnectés des revendications de la base.
- S.A. : M. Marest est un rêveur. Je le soupçonne notamment de vouloir cultiver son épicerie. Il a tout intérêt à entrer en contradiction avec nous. Mais la mobilisation d’aujourd’hui est le plus cinglant démenti à cette soi-disant déconnexion. Si nous essayons de focaliser l’attention sur la sécurité, c’est tout simplement parce qu’elle a été occultée du débat à l’automne dernier.
Tout le monde, et nous compris, est d’accord pour améliorer les conditions de détention. Mais il ne faut pas oublier que si les détenus ont des droits, ils ont aussi des devoirs. Et notamment celui de respecter la discipline. Sinon, c’est la chienlit. Je pense également que si on avait pris le problème en amont, on aurait sûrement pu éviter la tentative d’évasion par hélicoptère à Fresnes.

- tf1.fr Le surveillant blessé à Fresnes semble aller mieux.
- S.A. : Oui. C’est bien. Il commence à parler. Hier (ndlr : mercredi), il a d’ailleurs reçu la visite de Mme Lebranchu.

Propos recueillis

Par Fabrice Aubert le 07 juin 2001 à 18:06
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