Le procès des assaillants du ministère

Par Philippe MATHON , le 20 juin 2001 à 12h48 , mis à jour le 20 juin 2001 à 14h19

Cinq agriculteurs comparaissent mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris pour la mise à sac, le 8 février 1999, du bureau de Dominique Voynet au ministère de l'Environnement.

vignette justice © INTERNE

A l'origine, quinze personnes appréhendées. Toutes trahies par une glace sans tain. Mais ils ne sont plus que cinq à comparaître cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris, les autres ayant bénéficié d'un non-lieu. Les prévenus, Sébastien Liénart, Pierre-Marie Haguet, Vincent Vecten, Daniel Lucas et Manuel Leteur, agriculteurs dans l'Oise, le Loiret et le Loir-et-Cher, âgés pour la plupart d'une quarantaine d'années, sont poursuivis pour détérioration de biens publics. Ils encourent une peine de 3 ans de prison et une amende de 300.000 F.

Huit février 1999 : acheminés par des autocars, 150 militants de la FNSEA et du CDJA pénètrent dans le ministère de l'Environnement pour protester, auprès de Dominique Voynet, contre la Politique agricole commune (PAC). Consigne de la fédération d'Ile-de-France de la FNSEA : tous doivent se munir de 500 grammes de petits pois, d'un paquet de farine et d'un sandwich. En revanche, pas question de toucher au mobilier ni au matériel, tente d'expliquer aujourd'hui l'un des défenseurs des prévenus, Me Michel de Guillenschmidt.

Commando

Mais les choses dégénèrent : réunis sur l'esplanade des Invalides, les manifestants n'éprouvent aucune difficulté à entrer au ministère de l'Environnement, protégé par seulement deux vigiles. Une action d'autant plus facilitée que les forces de l'ordre n'arrivent…qu'une demi-heure après l'irruption des agriculteurs dans les bureaux.

Le temps pour les agriculteurs d'accomplir leur forfait : le bureau de la ministre (absente ce jour-là) renversé, armoires ouvertes, documents jetés par la fenêtre, farine et des petits pois déversés sur les murs et la moquette… Histoire de se remettre de leurs émotions, les assaillants s'étaient "offerts" deux bouteilles de champagne avant de quitter le plus tranquillement du monde le ministère. Tant pis pour le fonctionnaire frappé à l'oreille et son arrêt de travail de six jours. Selon Me de Guillenschmidt, les dégâts ont été évalués à 64.500 F, cette facture incluant le prix d'une lampe brisée, estimée à 12.500 F.

Par Philippe MATHON le 20 juin 2001 à 12:48
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