© INTERNEL'Assemblée nationale examine aujourd'hui le projet de loi de ratification du traité européen de Nice, qui ne satisfait vraiment personne mais sur lequel PS et RPR doivent, cohabitation oblige, faire cause commune.
"Compromis riquiqui" et "traité en trompe l’œil"
Malgré les vives critiques émises à droite et à gauche, pour des raisons opposées, contre le traité, le projet de loi devrait donc être adopté sans difficulté lors du vote solennel le 12 juin. Le PRG a aussi l'intention de voter pour, de même que la plupart des députés DL, Alain Madelin estimant que ce "compromis riquiqui vaut mieux qu'un échec". La France sera ainsi l'un des premiers pays de l'Union européenne à ratifier ce traité conclu dans la douleur par les Quinze le 11 décembre 2000 et qui a pour but de réformer les institutions dans la perspective de Le traité de
l'élargissement de l'Union européenne (UE). En février, lors de la signature officielle du Traité de Nice, les deux têtes de l'exécutif, Jacques Chirac et Lionel Jospin, avaient plaidé pour sa ratification rapide par le Parlement français.
Nice, conclu le
11 décembre
2000, a pour
but de
réformer les
institutions dans la
perspective de
l'élargissement
de l'Union
européenne
Le président de l'UDF François Bayrou a appelé les députés centristes à s'abstenir sur ce "traité de régression européenne, parce qu'il rend totalement illisible l'Europe pour les citoyens ordinaires". Certains élus UDF ont d'ailleurs indiqué qu'ils voteraient contre, tout comme les Verts, qui dénoncent un "traité en trompe l'oeil, ne répondant pas à l'objectif d'une Europe démocratique et plus proche des citoyens". Le PCF n'a pas encore arrêté sa position entre vote contre et abstention.
La voix des souverainistes
Une semaine après que M. Jospin a présenté sa "vision" de l'Europe, le débat de mardi donnera surtout l'occasion aux souverainistes de droite et de gauche de faire entendre leur voix : Jacques Myard (RPF) et Jean-Pierre Chevènement (MDC) défendront chacun une motion de procédure. Comme il l'a fait en commission, M. Myard devrait de nouveau dénoncer "une Europe complètement abâtardie qui n'a plus de raison d'être au moment où la globalisation la transcende et la dépasse" et prôner une ouverture de la France vers la Méditerranée et l'Afrique. La motion défendue par M. Chevènement n'implique pas forcément un vote "contre" des sept élus MDC, indique-t-on au Mouvement des Citoyens, où l'on n'exclut pas l'abstention. "Quand on voit que les plus fervents partisans du fédéralisme sont insatisfaits, on se dit que le traité pourrait être pire".
Le ministre des Affaires européennes Pierre Moscovici a reconnu mercredi devant les députés PS qu'avec ce traité, "nous n'avons pas pu faire passer toutes les réformes que nous souhaitions". "Mais c'est un compromis à 15. Sans ratification du traité, il n'y a pas d'élargissement possible à court terme", a-t-il déclaré. Le Sénat devrait pour sa part se prononcer fin juin sur ce traité, en vue d'une adoption définitive avant la fin de la session parlementaire.
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