© AFPLes trois quarts des prisons françaises étaient concernées jeudi en fin de matinée par le blocage des portes organisé par les surveillants à l'appel de l'intersyndicale, qui demande une plus grande sécurité dans les établissements, selon l'Administration pénitentiaire (AP). 131 établissements sont touchés sur les 187 prisons du parc pénitentiaire français. L'UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire), FO et CGT, ont été rejoints dans l'appel à la grève par plusieurs autres organisations minoritaires. Tous réclament plus de sécurité après la prise d'otages de Fresnes, il y a dix jours, au cours de laquelle un surveillant a été blessé.
Démonstration de force
Le plus souvent, une vingtaine de surveillants suffit à empêcher les extractions judiciaires ainsi que les parloirs. Aujourd'hui, les 131 établissements sont bloqués par seulement 2.328 surveillants. Mousse expansive, parpaings, pneus ou palettes enflammées sont utilisés un peu partout devant les établissements, dans lesquels seules les sorties d'urgence médicale devraient être autorisées par les gardiens au cours de la journée. Le fonctionnement des tribunaux devrait aussi être affecté par le mouvement.
Beaucoup de slogans rendent hommage au surveillant blessé par balles à Fresnes lors d'une prise d'otages les 27 et 28 mai et qui est toujours hospitalisé. "Nicolas, on est là", scandaient notamment les surveillants de Luynes, près d'Aix-en-Provence.
Les forces de l'ordre sur le pont
En Auvergne, la prison de Riom (Puy-de-Dôme) est bloquée. Toute la région PACA est touchée de la même manière. Regroupés aux portes principales, les surveillants ont empêché la relève de leurs collègues de nuit et tout mouvement non-motivé par une urgence. La plupart des prisons étaient aussi bloquées en Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon, dans le nord, et dans le sud-ouest. La région parisienne, comme à son habitude, se trouvait en tête des établissements concernés notamment à la maison d'arrêt de la Santé à Paris et à Fresnes, où surveillants et familles manifestaient devant les portes de la prison. Les forces de l'ordre sont intervenues pour libérer l'accès de plusieurs sites : à Marseille, pour permettre l'arrivée de l'équipe de nuit, et à la prison Saint-Joseph, à Lyon ; à Fleury-Mérogis, en région parisienne, et à Moulins-Yzeure, les CRS ont fait usage de gaz lacrymogènes.
La question de la représentativité des syndicats grévistes est toutefois soulevée par l'Observatoire international des prisons (OIP), pour qui les revendications sécuritaires exprimées par les syndicats "sont en décalage total avec les aspirations de la majorité des personnels de base". Mercredi soir, la ministre de la Justice Marylise Lebranchu a annoncé qu'elle recevrait "la semaine prochaine" les organisations syndicales pour "arrêter avec elles un plan de mise en sécurité" des prisons. Ces rencontres concerneront "en particulier les établissements les plus anciens, et le sujet des miradors", a précisé la ministre.
Photo AFP : des familles de prisonniers attendent devant la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelone (Hérault).
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