© INTERNEDeux pédales de frein qui semblent défaillantes au conducteur, deux pertes de contrôle, deux crashs tuant respectivement un et deux passagers de l'autre véhicule : les accidents survenus à Jean-Louis Martinez avec une Volvo S70 en 1997 à Aubagne et à Catherine Kothz avec une Volvo 850 deux ans plus tard à Wasselone sont similaires. Tous deux ont vivement clamé leur bonne foi avant d'être condamnés par la justice. André Pages, un autre conducteur, affirme avoir connu un incident identique à Biarritz, heureusement sans gravité. (voir son témoignage en vidéo)
Petit à petit, la justice semble accorder du crédit à la thèse de Catherine Kothz. Après avoir réalisé une contre-expertise, elle a notamment découvert une note confidentielle qui semblerait montrer que le constructeur était au courant des problèmes de freinage mais n'a pas procédé à un rappel systématique, préférant faire la réparation à l'insu des clients. Résultat : fin mai, Volvo France est mis en examen pour "homicides et blessures involontaires". Même sanction pour la maison-mère suédoise ce jeudi.
"Une bombe roulante"
De son côté, Jean-Louis Martinez, dont la voiture a été détruite, n'a plus rien à espérer après sa condamnation à trois mois de prison avec sursis, confirmée en appel début 1999. Pour ce retraité de la marine nationale, tout commence le 15 juin 1997 en fin d'après-midi. Au volant de sa Volvo S70 –qui a pris le relais de la Volvo 850-, achetée en janvier et révisée trois jours plus tôt par le concessionnaire d'Alès, il arrive au péage du Pont de l'Etoile à Aubagne. "A proximité, j'ai réglé mon régulateur de vitesse sur 120 km/h. J'ai voulu freiner mais la pédale est soudainement devenue très dure. Le moteur a ensuite lutté contre moi pour reprendre de la vitesse" explique-t-il. "Je n'ai pas réussi à ralentir mon véhicule. Je n'ai pas vu les panneaux. Je n'avais qu'un seul but : stopper cette bombe roulante. Et j'ai finalement heurté violemment une Peugeot 106" ajoute-t-il. La passagère, une jeune adolescente, trouve la mort dans le choc. Les deux fils de Jean-Louis Martinez, âgés de 11 et 14 ans, sont blessés. Fort de son bon droit, il porte plainte contre Volvo le lendemain du drame.
Le procureur de la République de Marseille commande une expertise. Le 2 juillet, celle-ci est
effectuée, non pas par des spécialistes indépendants, mais par des ingénieurs de Volvo, dépêchés spécialement de Suède pour procéder à la reconstitution. Leur conclusion est sans équivoque : le système de freinage fonctionnait parfaitement, la vitesse excessive est responsable du drame. "Ni moi ni mon avocat n'avons été prévenus de cette opération" s'indigne Jean-Louis Martinez. 
Une expertise réalisée
par les ingénieurs de Volvo Suède-
"J'ai les larmes aux yeux quand j'y repense"
Dans la foulée, la voiture est détruite et sa plainte est classée sans suite. En janvier 1998, arrive le procès. "C'était la première fois que je mettais les pieds dans un tribunal. Je n'étais pas méfiant. Et là, on m'a reproché de porter des lunettes de soleil, d'avoir des sièges en cuir, d'écouter de la musique. Et même d'avoir fait la révision à 7 500 km au lieu des 15 000 comme c'est le cas généralement avec des Volvo. J'ai vraiment eu l'impression d'être un agneau conduit à l'abattoir".
Le procès terminé, Jean-Louis Martinez tente tant bien que mal d'oublier. "J'ai été profondément affecté. Quand je repense ou que j'évoque cet accident, ma gorge me serre et j'ai les larmes aux yeux. Bien sûr, j'étais au volant donc je porte une part de responsabilité. Mais j'ai subi un tel préjudice émotionnel que, moralement, une reconnaissance des défauts de la voiture me soulagerait". Victime de troubles du sommeil, il a même été traité médicalement.
Volvo ne souhaite pas s'exprimer
Contacté par tf1.fr, Volvo France n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet et répondre aux accusations de Jean-Louis Martinez. "Pour nous, cette affaire est jugée, classée et terminée. Nous n'avons aucun commentaire à ajouter" souligne la direction.
Après avoir pris connaissance du cas de Catherine Kothz, Jean-Louis Martinez se dit prêt à témoigner. "J'aimerais que la famille de la jeune fille décédée lors de mon accident en entende parler et qu'elle comprenne que je ne suis pas le seul responsable. Ce serait un minimum pour moi".
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