Xavière qui rit et Jean qui pleure

Par Philippe MATHON , le 11 juin 2001 à 17h16 , mis à jour le 11 juin 2001 à 17h48

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a annulé lundi la mise en examen de Xavière Tiberi pour vice de forme, dans l'affaire des faux électeurs du 5ème arrondissement de la capitale. En revanche, des nuages s'amoncellent autour de son mari Jean : l'élection des tibéristes lors des municipales pourrait être remise en cause par la Commission des Comptes de campagne.

xaviere jean tiberi © INTERNE

Jamais deux sans trois : la maxime populaire va comme un gant à Xavière Tiberi. Pour la troisième fois, l'épouse de l'ancien maire de Paris a vu sa mise en examen annulée par la justice. En l'occurrence la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Comme les deux cas précédents (dans une autre affaire, son emploi présumé fictif au conseil général de l'Essonne), un vice de forme est à l'origine de la décision.

Contre l'avis du parquet général, l'instance collégiale de trois magistrats a estimé que l'épouse de l'ancien maire de Paris n'avait pas eu un accès suffisant au dossier d'enquête lors de sa première comparution devant les juges d'instruction le 24 juillet 2000. Certaines pièces de cette enquête se trouvaient en effet ce jour-là à la gendarmerie. Thierry Herzog, avocat de Xavière Tiberi, a estimé que l'annulation rapportait la preuve de "l'acharnement" dont la justice ferait preuve, selon lui, contre les époux Tiberi. "Il convient de s'interroger sur l'origine de ces procédures judiciaires", a-t-il ajouté.

Fortunes diverses

Mais pour le défenseur de la socialiste Lyne Cohen-Solal, adversaire de Jean Tiberi et partie civile, cette décision serait sans conséquence. "Pour couvrir cette nullité, il suffit que le juge reconvoque Mme Tiberi, lui communique l'intégralité du dossier dans les délais et lui renotifie la mise en examen", assure Me Claude Polet-Bailleux.

La chambre de l'instruction a aussi annulé pour les mêmes motifs la mise en examen d'Anne-Marie Affret, actuelle première adjointe de Jean Tiberi à la mairie du Ve, mais a maintenu celles de son actuelle directrice de cabinet Jacqueline Mockycki et de l'ancien secrétaire général de la mairie Raymond Nentien. La chambre a enfin repoussé toutes les autres demandes d'annulation de la procédure déposées par Me Herzog et le reste de l'enquête est donc jugé régulier.

Plus de tibéristes au Conseil de Paris ?

La bonne nouvelle pour Xavière Tiberi contraste avec les menaces qui pèsent autour de son mari Jean. Les comptes de campagne des listes tibéristes aux dernières élections municipales à Paris risquent d'être rejetés. Leur formation, "Ensemble pour Paris", ne serait pas habilitée à financer leur campagne électorale. Conséquence attendue : l'annulation de l'élection, comme conseillers de Paris, de Jean Tiberi et de ses têtes de listes d'arrondissement.

Si, à la suite de ce rejet, l'élection de Jean Tiberi et des autres têtes de listes était annulée par la justice administrative, ceux-ci seraient remplacés par le suivant venant sur leur liste, selon la jurisprudence en la matière. Le groupe Ensemble pour Paris dirigé par Jean Tiberi, maire de Paris de 1995 à mars dernier, exclu en octobre du RPR, a eu 12 élus (ex-RPR ou RPR, DL et RPF) au Conseil lors du scrutin de mars.

Par Philippe MATHON le 11 juin 2001 à 17:16
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