© INTERNEQuel crédit accorder à un témoignage qui survient 15 ans après les faits et 15 jours après le procès en révision de l’accusé ? Ce sera aux enquêteurs et à la justice de le dire. Toujours est-il que les déclarations de deux pêcheurs mosellans, dont le Parisien et le Républicain Lorrain révèlent la teneur dans leur édition de mercredi, pourraient - une nouvelle fois - remettre en cause la culpabilité de Patrick Dils dans les meurtres de Cyril et Alexandre le 28 septembre 1986 à Montigny-lès-Metz. Et ce deux semaines après sa condamnation à 25 ans de prison lors de son deuxième procès et environ un an avant son appel, désormais possible pour les verdicts de cour d’assises.
En attendant la suite qui lui sera donnée, ce témoignage de dernière minute relance quoi qu’il en soit la piste Francis Heaulme. Sa présence, sur les lieux du crime, à l'heure du crime, avait été la principale raison de la révision du procès de Patrick Dils. Le mois dernier, le "routard du crime" avait cependant affirmé devant la cour d’assises des mineurs de la Marne qu’il n’était pas l’assassin de Cyril et Alexandre.
Nouvelle audition
Même si elles ne remettent pas en cause la version de Francis Heaulme, les déclarations de deux pêcheurs mosellans sont en tout cas troublantes. Les deux hommes affirment avoir vu Heaulme, le "grand Francis" comme ils l’appelaient à l’époque - c’était avant sa première interpellation -, assoupi le long de la voie ferrée où a été commis le double meurtre. Il était alors 19h30, quelques minutes après les crimes. "Il avait le visage tuméfié et ensanglanté. Il nous a expliqué qu’il était tombé sur des cailloux en revenant du pont de fer et qu’il s’était fait un peu mal ". Les pêcheurs ont alors raccompagné Francis Heaulme à Vaux, où il était domicilié.
Du côté de la défense de Patrick Dils, on se félicite bien entendu de ce nouveau témoignage. "Nous lui accordons une grande valeur. Nous attendons de nouvelles investigations" note Me Jean-Marc Florand au Parisien. Son de cloche évidemment différent du côté des parties civiles. Me Dominique Rondu souligne au Républicain Lorrain qu’il " trouve étonnant que deux prétendus témoins ne se manifestent qu’aujourd’hui, après les faits et au lendemain d’un procès hautement médiatique". Les pêcheurs expliquent au quotidien de Metz "qu’à l’époque, on parlait de l’affaire Dils, pas de l’affaire Heaulme ".
Pour l’instant, le procureur de Metz semble y accorder quelque crédit. Le Républicain Lorrain affirme qu’il a en effet demandé aux gendarmes d’entendre à nouveau les témoins. Iront-ils relater leur version jusqu’à la barre de la cour d’assises qui rejugera l’affaire en appel ?
(photo : Patrick Dils à gauche, Francis Heaulme à droite)
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