L'Angleterre, eldorado des réfugiés de Sangatte

Par Julie Kara , le 24 juillet 2001 à 15h38 , mis à jour le 24 juillet 2001 à 15h50

Les récentes échauffourées entre réfugiés au centre de Sangatte relancent la polémique sur les centres d’accueil. Chaque nuit, ils sont des centaines à tenter leur chance pour traverser la Manche. Sans que personne ne trouve de solutions.

sangatte © INTERNE

Dans la nuit de dimanche à lundi, des affrontements entre réfugiés afghans et kurdes du centre de Sangatte ont fait 15 blessés dont 3 graves. L’incident relance la polémique sur ces centres d’accueil. Celui de Sangatte n’est pas un exemple en la matière. Créé il y a deux ans, installé dans un ancien hangar d’Eurotunnel, le centre géré par la Croix-Rouge accueille aujourd’hui près de 1000 personnes. A l’origine, il était prévu pour seulement 400. La surpopulation et la promiscuité seraient-elle à l’origine du drame ? "Je ne pense pas, explique Carmen Toxé, attaché de presse de la Croix-Rouge. La bagarre a commencé hors du centre. Peut-être pour une histoire de passeurs ".

En effet, les réfugiés sont là pour atteindre l’eldorado : l’Angleterre. Un pays synonyme pour eux d’avantages. Ils toucheront une indemnité mensuelle de 2400 francs contre 1800 en France. Ils seront également logés en appartement alors qu’ici ils sont logés en centre collectif. Et surtout, ils auront le droit de travailler.

Electrocutés par des caténaires de 25 000 Volts

Afghans, Turcs, Iraniens, Kurdes…chaque nuit ils sont des centaines à essayer de quitter le centre pour traverser la Manche. A Sangatte, on reste en moyenne 10 jours, au maximum 6 semaines. Mais le récent plan " tolérance zéro " d’Eurotunnel complique les choses. " Le passage est plus difficile, les gens s’agglutinent dans le centre ", rapporte Carmen Toxé. Du côté d’Eurotunnel, la logique économique prime. Alors on a installé des portails et des clôtures supplémentaires et mis en place ce fameux plan pour rendre le site de 590 hectares plus hermétique.

Mais les candidats à l’exil sont prêts à tout. " Il y a déjà eu 3 morts sur le site car les réfugiés prennent des risques inconsidérés, explique François Borel, directeur de la communication d’Eurotunnel. Certains ont été électrocutés par des caténaires de 25 000 Volts en empruntant le tunnel ". Eurotunnel demande la fermeture du centre. Au risque de ne faire que déplacer le problème ? "Oui, reconnaît François Borel. Mais au moins le problème aura été posé ".

Par Julie Kara le 24 juillet 2001 à 15:38
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