© INTERNECharles Pasqua est rattrapé par la tentaculaire affaire Elf. L'ancien ministre de l'Intérieur et candidat à l'élection présidentielle a été mis en examen lundi pour "recel d'abus de biens sociaux" dans le cadre de l'affaire Elf. L'homme politique est soupçonné d'avoir utilisé, entre 1992 et 1997, des vols privés financés par Elf. Il s'est vu notifier les charges pesant contre lui lundi après-midi au pôle financier du palais de justice de Paris par les juges Eva Joly et Renaud Van Ruymbeke. Son immunité parlementaire le protège toutefois d'une garde à vue, d'un contrôle judiciaire ou d'un placement en détention provisoire.
Selon un rapport des policiers de la brigade financière de Paris, Charles Pasqua a été, au cours de ces cinq années, le "passager" de 71 vols privés, dont Elf a été l'affréteur à 24 reprises. Le coût total des déplacements réglés par Elf serait de plus d'un million de francs. S'exprimant début juin à propos de cette affaire, l'ancien ministre avait déclaré : "Je préfère utiliser Air France à Air Elf (...). Tout ça me paraît relever de la plus grande fumisterie". De son côté, Maître Gilbert Collard, avocat de Pasqua, a estimé qu'il n'y avait "aucun délit dans la mesure où M. Pasqua remplissait des missions de services d'Etat".
"Pasqua prenait les avions d'Elf comme tout le RPR"
Interrogé à la radio le mois dernier sur le fonctionnement d'Elf qu'il a dirigé de 1989 à 1993, Loïk le Floch-Pringent avait affirmé que "Charles Pasqua prenait les avions d'Elf comme tout le RPR, comme les gens de Démocratie libérale, M. Madelin et M. Léotard".
Charles Pasqua fait par ailleurs, depuis fin mai, l'objet d'une demande de levée de son immunité de député européen formulée par les juges en charge de l'affaire du trafic d'armes vers l'Angola et des importantes commissions versées en marge de ces ventes. Il est également poursuivi dans une autre affaire pour financement présumé illégal de sa campagne européenne de 1999.
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