"Chirac excelle dans l'excès"

Par Philippe MATHON , le 30 juillet 2001 à 11h43 , mis à jour le 30 juillet 2001 à 11h49

Interrogé par le Journal du Dimanche, François Hollande détaille les rendez-vous gouvernementaux de la rentrée et égratigne au passage Jacques Chirac, qualifié de "porte-parole du RPR".

hollande © INTERNE

Avant son départ en vacances, le premier secrétaire du PS a tenu à mettre les points sur les "i". Affaires, fonds secrets, réformes, la plupart des points "chauds" de cette fin de mandature ont été évoqués. Histoire de répliquer dans les grandes largeurs à l'offensive du chef de l'Etat, le 14 juillet.

Très attendu sur le chapitre des "affaires", François Hollande a tenu à minimiser la décision du bureau de l'Assemblée nationale qui a décidé, la semaine dernière, de transmettre aux juges les déclarations de patrimoine de Jacques Chirac. "Le bureau n'avait pas le choix : il fallait appliquer la loi", assure-t-il, rejetant tout soupçon de manœuvre politique.

"Nous voulons être jugés sur notre bilan"

Au passage, le patron des socialistes se réjouit de la décision gouvernementale de réformer les fonds secrets, "si possible dès la fin de l'année". L'occasion de lancer une piqûre de rappel au chef de l'Etat : "Dois-je rappeler que si le problème est aujourd'hui posé, c'est à l'origine d'une enquête judiciaire concernant les voyages de Chirac, alors que celui-ci n'était plus à Matignon depuis quatre ans et qu'il n'était pas encore président de la République". Prélude à une campagne en dessous de la ceinture ? François Hollande plaide non coupable. "Ce n'est pas nous qui avons intenté les enquêtes. Nous n'organisons rien. Il n'y a chez nous ni cabinet noir ni officine", assure-t-il.

Conscient du profond désamour des citoyens pour le personnel politique, le premier secrétaire s'est escrimé à montrer combien "le gouvernement travaille", même à dix mois d'échéances capitales. "Ce n'est pas parce que certains partis sont salis que tous devraient être tachés, plaide-t-il. Nous voulons être jugés sur notre bilan comme sur notre projet et non sur le degré de difficulté judiciaire de tel ou tel".

"Pourquoi le président de la République est-il devenu un acteur si partisan ?"

Le bilan ? François Hollande veut croire qu'il sera encore étoffé d'ici à 2002. "Nous souhaitons réformer jusqu'au dernier souffle de légitimité démocratique, s'enflamme-t-il. Dès la rentrée, nous débattrons notamment des baisses d'impôts qui seront poursuivies pour 2002, puis adopter l'allocation autonomie pour les personnes âgées et voter la loi sur la sécurité". Les raves ? François Hollande contourne la question, se contentant d'affirmer la nécessité d'une "concertation" avec les organisateurs. On ne tourne pas le dos à des manifestations qui drainent des dizaines de milliers de jeunes, autant d'électeurs potentiels…

Souhaitant revenir sur les "contre-vérités" assénées par Jacques Chirac le 14 juillet, le premier secrétaire du PS s'est livré à une étude comportementale. "La nuance n'est pas dans la nature de Jacques Chirac. Il excelle dans l'excès . Pourquoi le président de la République est-il devenu un acteur si partisan ?" Et François Hollande d'exhumer François Mitterrand, qui, en son temps, "faisait avec plus de subtilité et donc d'efficacité". Le "devoir d'inventaire" a ses limites.

Par Philippe MATHON le 30 juillet 2001 à 11:43
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