© INTERNESUIVEZ EN DIRECT L'INTERVENTION DU CHEF DE L'ETAT
Actualité oblige, c'est avec les Jeux Olympiques de 2008 que s'est ouvert le traditionnel entretien du 14 juillet avec le chef de l'Etat Français. Interrogé à l'Elysée par trois journalistes (Patrick Poivre d'Arvor pour TF1, Béatrice Schoenberg pour France 2 et Elise Lucet pour France 3), Jacques Chirac a formulé le voeu, samedi, que les JO à Pékin soient "une incitation" pour la Chine "à progresser vers une véritable démocratie et un véritable respect des droits universels de la personne humaine". A propos de la France, "J'espère que nous n'avons pas dit notre dernier mot et je souhaite que nous ayons un jour les Jeux olympiques en France", a-t-il confié.
Mais ce n'est pas sur ce sujet là que les Français l'attendaient le plus aujourd'hui. Insécurité, problèmes économiques et sociaux, affaires... tf1.fr vous propose un florilège des déclarations du Chef de l'Etat au fur et à mesure de son intervention télévisée.
Insécurité
"Il n'y a pas d'acte sans volonté. C'est la volonté politique qui a manqué et l'autorité de l'Etat qui a fait défaut. Quelles que soient les raisons de la montée de la violence, de l'agressivité, de la délinquance, de l'incivilité, nous sommes arrivés à un point qui est absolument insupportable, et il faut mettre un coup d'arrêt". "Aujourd'hui on ne peut plus vivre dans un pays démocratique, moderne, en développement, où les gens ont de plus en plus peur, ça, ce n'est pas possible", a-t-il souligné.
Au sujet du couvre-feu instauré dans certaines villes de France pour les mineurs de moins de 13 ans, Jacques Chirac a estimé que "les maires, qui ont pris cette décision ont fait un acte de prévention". M. Chirac s'est déclaré "tout à fait favorable" à la mise en place de cette mesure sur Paris, "à partir du moment où c'est limité"."Il faut déléguer aux maires", au moins "en partie", le traitement de la petite délinquance, a suggéré Jacques Chirac en soulignant qu'une "technique, qui s'appelle la réparation, et qui existe dans la loi, n'est pas appliquée". "Comment peut-on imaginer que des gosses de moins de 13 ans se promènent entre minuit et six heures du matin, à la dérive, soumis à tous les accidents possibles?", s'est-il interrogé.
A propos des jeunes délinquants : un "récent rapport" a chiffré "à 4.000" le nombre des mineurs qui sont les "meneurs ou des chefs de bande" à l'origine de la délinquance. "Ces gens là il faut les arrêter, on les connaît, la police les connaît". "Parmi eux il y a des gens qui sont poursuivis pour des crimes, ceux là sont déférés à la justice qui traite leur cas. Ceux qui ne sont pas dans cette situation, il faut les mettre dans des centres éducatifs spécialisés, il faut les sortir de leur milieu", a déclaré M. Chirac. Il a par ailleurs jugé "essentiel", qu'il y ait "une grande loi pluriannuelle de programmation du fonctionnement, des ressources et des investissements de la justice".
Affaires des voyages privés
Interrogé sur l'affaire de ses voyages privés, Jacques Chirac a dénoncé samedi le dévoiement "par le soupçon, la rumeur, la manipulation, par la présomption de culpabilité érigée en système" de l'aspiration légitime des Français à la transparence démocratique. "Ce n'est pas innocent mais cela ne sert ni la démocratie ni les Français ni l'image et donc la capacité d'action de la France à l'étranger".
Il a affirmé que les voyages qu'il avait effectués entre 1992 et 1995 "n'avaient aucun rapport avec la somme (2,4MF ndlr) aujourd'hui jetée en pâture". "j'ai été stupéfait du chiffre exorbitant" évoqué par la justice. Il a ajouté: cette somme, après ses vérifications, "a fait pschitt". Sur le fond, il s'agit selon lui "de voyages professionnels, de voyages privés mais aussi de voyages qu'(il) a offerts à (ses) collaborateurs pour les remercier du travail fourni". Mais il y avait aussi, affirme-t-il, "des voyages que ni moi ni ma famille ni aucun de mes amis" n'avaient fait, "des voyages faits par certains de mes collaborateurs qu'ils avaient eux-mêmes commandés et payés et que l'on m'imputait". Et il y avait encore "des voyages à des noms de gens dont je n'avais jamais entendu parler". "Je n'ai jamais, jamais une seule fois, demandé ni a fortiori bénéficié d'un voyage ou d'un billet gratuit ou même à taux réduit sur Air France" a ajouté M. Chirac.
Indignation et mise en garde
"Un président de la République a droit comme tout le monde à une vie privée et a le droit qu'on respecte sa famille (...) Ma femme et ma fille ont été profondément meurtries et moi aussi j'ai été profondément blessé" a-t-il expliqué, mais ajoutant que son épouse se rendrait à une éventuelle convocation de la justice "parce que c'est son devoir". Et que "ce n'est pas les juges qui sont en cause, c'est l'Etat, le gouvernement". "Je voudrais ajouter que lorsqu'on s'en prend à ma fille ou à ma femme, une limite a été franchie, c'est scandaleux." Comme on lui demande si c'est de la provocation, il répond à plusieurs reprises : "c'est plutôt de l'inconscience".
Remise en cause des institutions et statut pénal du Président
"Quand les procureurs se disputent, quand le principe hiérarchique n'est plus respecté, alors il y a confusion", a mis en avant M. Chirac, alors que le procureur général de Paris s'est prononcé pour la possibilité de son audition contre l'avis de son supérieur hiérarchique. "Quand il y a confusion, il y a doute et quand le doute s'introduit au sujet du droit, c'est évidemment très mauvais", a-t-il dit.
Jacques Chirac a également jugé "misérable" le débat actuel sur le statut pénal du chef de l'Etat tout en se disant "tout disposé à proposer" une réforme "mais dans la sérénité", c'est-à-dire après les échéances de 2002. Juste avant , il avait expliqué que selon lui "les juges n'ont pas de droit à contester la Constitution", en soulignant que le président de la République n'était "pas un citoyen comme les autres". "La France a cette manie de mettre en cause sous n'importe quel prétexte ses institutions", a relevé M. Chirac. Il a expliqué que "si un jour nous voulons changer de Constitution, ce n'est pas aux juges, aux journalistes, aux policiers qu'on le demandera, c'est aux Français". "Il est légitime que le président de la République ait un statut", a-t-il dit.
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