© AFPJacques Chirac n'a pas oublié la Constitution de la Ve république. En sa qualité de président de la République, il est le chef des armées. Il ne s'est donc pas fait prier pour exprimer ses "réserves" lors de la présentation mardi matin, par l'équipe gouvernementale, de
la loi de programmation militaire. L'occasion d'un face-à-face inattendu avec Lionel Jospin.Suite logique du 14 juillet
"Le projet ne répondra pas à toutes les attentes des armées. De nouveaux retards dans les programmes d'équipement seront en effet inévitables", a déclaré le Président. Propos immédiatement relayés par sa porte-parole, Catherine Colonna. Le chef de l'Etat aurait apporté ensuite un bémol à ses observations, relevant que le texte "a le mérite de maintenir un cadre de référence et une perspective pour notre défense, en actualisant le modèle d'armée prévu pour 2015".
Quinze jours après son intervention "musclée", le 14 juillet, le chef de l'Etat a donc décidé de défendre pied à pied ses prérogatives. Quitte (surtout) à prendre de cours Lionel Jospin. Celui-ci a beau contre-attaquer immédiatement, soulignant que le "gouvernement avait fait le choix" du projet de loi de programmation militaire 2003-2008 tel que présenté "en accord avec le président de la République", l'effet de surprise joue à plein.
"Satisfaire aux exigences opérationnelles"
"Le Premier ministre a souligné que ce projet de loi de programmation militaire inscrit l'effort de défense de la France dans la continuité. Le gouvernement a fait ce choix en accord avec le président de la République", a indiqué Jean-Jacques Queyranne (ministre des relations avec le Parlement) en rendant compte du dernier Conseil des ministres avant la trêve estivale.
M. Jospin a expliqué que le "gouvernement avait tenu à ce que ce projet de loi soit programmé dès maintenant bien qu'il ne commence qu'en 2003 pour éviter toute rupture, donc pour assurer ainsi la poursuite des programmes en matière d'armement". "Le Premier ministre a souligné aussi que ce projet de loi représentait 87,5 milliards de francs, 13,3 milliards d'euros, par an sur la période, ce qui devrait permettre de satisfaire aux exigences opérationnelles", a poursuivi M. Queyranne. Visiblement, l'Elysée n'est pas sur la même longueur d'onde.
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