© INTERNEManip ' ? Illustration au contraire du regain de la violence sur l'île ? Les enquêteurs s'interrogent. D'après les premiers éléments de l'enquête menée par les limiers de la Division nationale antiterroriste (DNAT), le colis envoyé au dirigeant nationaliste corse Jean-Guy Talamoni était bien piégé.
Les policiers ont passé le paquet postal au scanner. Des clous et un détonateur ont été détectés. Un dispositif était susceptible de tuer son destinataire. Pour l'heure - contrairement au colis reçu par Marie-Hélène Mattéi -, les policiers n'ont ni ouvert ni détruit le document, espérant y trouver des indices. Jean-Guy Talamoni, avocat et chef de file des élus nationalistes corses à l'Assemblée territoriale, n'a pas souhaité déposer plainte. Lors d'une conférence de presse donnée mardi après-midi, il a toutefois affirmé que "le système utilisé pour ces attentats est en rupture totale avec le fait culturel
corse. Les organisations de notre mouvance n'ont pas de dissidents susceptibles de commettre de telles actions". "Il n'y a pas de gens assez fous chez nous pour faire cela. Il est très clair que cela vient de l'extérieur du mouvement nationaliste", a-t-il précisé.D'après les enquêteurs, il semble que Talamoni a reçu le même colis piégé que l'avocate nationaliste Marie-Hélène Mattei mardi. Les deux paquets auraient été expédiés la semaine passée à une journée d'intervalle du même bureau de poste de Calvi (Nord-ouest de la Corse) et constitué de sygma-gel - une sorte de plastic -, de clous et d'un détonateur.
Un acte "rarissime"
Le SRPJ d'Ajaccio et la DNAT ne privilégient aucune piste. Jean-Guy Talamoni, principal négociateur nationaliste des accords de Matignon sur l'extension de l'autonomie de la Corse, a été contesté par certains nationalistes, qui lui reprochent de ne pas avoir obtenu une amnistie ou un regroupement en Corse des militants incarcérés. Cette grogne de certains militants semble être à l'origine d'un attentat à l'explosif contre la gendarmerie de Borgo, le 23 juillet, qui a blessé une quinzaine de gendarmes. Les clandestins observent en théorie une trêve des attentats depuis décembre 1999. Une trêve toute théorique.
Reste que le recours au colis piégé est qualifié par les enquêteurs d'acte "rarissime" sur l'île, où la majorité des assassinats sont effectués par arme à feu ou par véhicule piégé. Le procédé suppose une maîtrise technique certaine pour confectionner de tels engins explosifs. Dans le même temps, il permet de toucher directement la personne visée.
(photo d'ouverture : Jean-Guy Talamoni, archives)
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