Déchets nucléaires : un camp contre le site de Bure

Par , le 16 juillet 2001 à 15h49 , mis à jour le 15 juillet 2001 à 16h19

La Coordination nationale des collectifs contre l’enfouissement des déchets radioactifs organise à partir d’aujourd’hui et pendant deux semaines un camp contre l’implantation du laboratoire souterrain de Bure, dans la Meuse. Corinne François, la présidente de l'assocation, fait le point avec tf1.fr sur cette lutte.

bure affiche © INTERNE

- tf1.fr : Quels sont les objectifs de ce camp ?
- Corinne François : Nous voulons informer et faire prendre conscience à la population française que le laboratoire de Bure n’est pas du tout un pôle de recherche scientifique comme il est officiellement présenté. C’est bel et bien un lieu qui servira à enfouir des déchets dangereux. Nous voulons montrer que les élus locaux ont été dupés, qu’on leur a fait miroiter de l’argent et parler de développement économique pour qu’ils acceptent l’implantation de la structure.

- tf1.fr : Quelles actions allez-vous mener pendant ces deux semaines ?
- C.F. : Des marcheurs et des cyclistes sont déjà partis ou vont partir de différents endroits de France pour une opération baptisée "Mouvement vers Bure". Au fur et à mesure de leur progression, ils participent à des missions d’informations et des débats sur les dangers du nucléaire. Ils devraient arriver en fin de semaine. La principale action aura donc lieu ce week-end avec le rassemblement "Stop au nucléaire". Nous mènerons notamment des opérations non-violentes sur le chantier du laboratoire. Nous organiserons également, avec l’aide des militants allemands, des stages de "blocage de trains" transportant des déchets. Le camp se poursuivra ensuite jusqu’à la fin du mois.

"Privilégier des énergies diversifiées"

- tf1.fr : Pensez-vous que vos actions entraîneront la fin des travaux ?
- C.F. : Nous sommes réalistes. Nous savons que ce n’est pas possible dans l’immédiat. C’est une décision qui ne peut être prise que par les politiques. Il faut pour cela exercer une forte pression. Nous prenons pour exemple le cas du complexe de Sellafield, en Angleterre. Il y a quelques années, le projet d’enfouissement de déchets y a été abandonné après une grande mobilisation. Nous espérons que nos actions permettront de créer une lame de fond qui aboutira au même résultat.

- tf1.fr : Vous demandez l’abandon du nucléaire, aussi bien civil que militaire. Quelle solutions préconisez-vous alors en remplacement ?
- C.F. : Le nucléaire et ses déchets sont des problèmes majeurs pour l’avenir de la planète. On veut nous faire croire que le nucléaire est propre. Nous affirmons que ce n’est pas vrai ! Les gens ont peur. Et la solution n’est sûrement pas d’enterrer des déchets pour des milliers d’années comme ce sera le cas à Bure.
Nous ne sommes néanmoins pas des scientifiques et nous ne voulons pas nous substituer à eux. Mais il faudrait peut-être penser à privilégier des énergies diversifiées. Cela nécessite de réadapter tout le système de production économique. Et donc de bouleverser la société.

Le site de la Coordination contre l'enfouissement des déchets
Le site de l'ANDRA, l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, chargée de l'exploitation du laboratoire de Bure

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Propos recueillis par

Par Fabrice Aubert le 16 juillet 2001 à 15:49
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