© AFPImprudemment, mardi, Raymond Forni, le président de l'Assemblée qui dirige le bureau, avait fixé à "trois-quarts d'heure - une heure" la durée de la réunion. Le règlement l'autorisait même à prendre seul la décision. Mais, soucieux de ne pas être accusé de "manœuvre politique", celui-ci a finalement décidé mercredi de donner la parole à l'ensemble des convives.
![]() Le député (PRG), Alain Tourret - |
"Acharnement politique"
Résultat : plus de deux heures et demie de discussion, chacun exposant plus ou moins longuement son argumentaire. Très vite, le clivage gauche-droite se fait sentir. Les premiers défendant une conception a minima de la demande des juges. C'est notamment le cas d'Alain Tourret (PRG) , en pointe sur le sujet des fonds secrets. "Les juges nous demandent la transmission de pièces. Juridiquement, rien ne s'oppose à leur demande". "Nous ne pouvons pas être le juge des juges", se défend Christine Lazerges (PS). Avant que les onze députés de gauche ne votent en faveur de la demande des juges, leurs collègues de droite décident de quitter la salle.
L'article LO 135-2 du code électoral dispose que les déclarations de patrimoine peuvent être communiquées "sur requête des autorités judiciaires" si cela est "nécessaire à la résolution du litige ou utile pour la découverte de la vérité". Les députés de droite, largement chapeautés par l'Elysée, en ont retenu une interprétation très critique. "Le bureau de l'Assemblée nationale dispose d'un pouvoir d'appréciation du bien-fondé de la demande des juges, soutient Nicole Catala. En l'espèce, je pense que celle-ci n'est pas assez argumentée juridiquement. Le 14 juillet, Jacques Chirac a dit que, conformément à la tradition, il n'avait pas déclaré les sommes en espèces provenant des fonds spéciaux. A quoi sert donc la requête des juges ?". Et la député RPR de parler d'une "décision prise dans un contexte politique particulier". Un acte "plus politique que judiciaire", lâche Patrick Ollier (RPR). L'UDF Marie-Thérèse Boisseau dénonce "l'acharnement" dont le président Chirac est la cible.
"Décision conforme au droit"
![]() Patrick Ollier (RPR)- |
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