© INTERNEDes ethnologues, des chercheurs, des associations… en tout 150 personnes sont parties enquêter sur les nouveaux usages de drogues pour le compte de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Observant aussi bien le milieu des raves que celui des discothèques ou de la rue, il ont pu dresser un nouveau panorama des tendances actuelles en matière de produits stupéfiants. Où l'on constate que l'ecstasy stagne en raison de sa mauvaise image et que le LSD, même s'il a toujours été présent dans les raves, reprend du poil de la bête. On y apprend surtout que la consommation de plusieurs drogues est devenue courante : on utilise une drogue pour "monter", une autre pour amortir la "descente", on mélange drogue, alcool et cannabis. Tel est d'ailleurs pour Nicole Maestracci, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (MILDT), le phénomène "le plus important".
L'ecstasy stagne :
Si les petites pilules restent le produit le plus consommé en milieu festif, elles souffrent d'un changement d'image. Quelques incidents survenus ces derniers temps, ajoutés à des expériences qui en ont montré la nocivité (gros risques de dépression nerveuse ou de lésions cérébrales), ont contribué à ce ralentissement. On note toutefois l'apparition de l'ecsta dans la rue.LSD et champignons hallucinogènes :
Par "la modicité de son prix, ses effets visuels et auditifs, la possibilité de le combiner à d'autres substances et une administration possible par voie orale", le LSD continue d'être une drogue très prisée dans le milieu techno. Les champignons hallucinogènes, "rarement considérés comme une drogue", sont plus répandus que ce que l'on s'imaginait : 6 à 7% des jeunes de 18 ans déclarent en avoir déjà pris. Enfin, la kétamine, anesthésique vétérinaire détourné, est lui aussi très apprécié dans les raves, pour ses vertus hallucinogènes.La cocaïne de plus en plus disponible :
La "coke", stimulant particulièrement apprécié dans les discothèques, est d'après le rapport de plus en plus diffusée, à la fois dans la rue et les milieux festifs. Le crack (dérivé de la coke) est également de plus en plus répandu, en particulier en Martinique et en Guyane.L'héroïne se sniffe :
Le rapport explique que l'héroïne est mieux distribuée, moins cher et de meilleure qualité. Alors qu'elle était un produit minoritaire dans le milieu festif, sa consommation a tendance à augmenter pour deux raisons. Elle constitue d'abord un amortisseur de premier ordre pour les "descentes" (effets secondaires) de stimulants comme la cocaïne et l'ecstasy ou d'hallucinogènes. Ensuite, elle est de plus en plus "sniffée" : la prise par aspiration nasale est moins associée à une image "junkie" que la prise par injection.*Photo : un "timbre" de LSD
Le dossier de presse de la MILDT
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