© INTERNEDominique Voynet a participé mercredi à son dernier Conseil des ministres. Le 10 juillet prochain, elle démissionnera de ses fonctions de ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Contactées par tf1.fr, plusieurs associations de défense de l’environnement reviennent sur ses quatre ans de mandature. Leurs propos sévères reflètent leur déception.
Bruno Rebelle, directeur de Greenpeace-France :
"La mandature de Dominique Voynet a été en retrait de ce qu’on pouvait espérer. Il y a également eu quelques ratés phénoménaux avec l’acceptation de la mise en culture du maïs transgénique en février 1998 et surtout le naufrage de l’Erika, où le ministère de l’Environnement a été absent. Paradoxalement, Dominique Voynet a été plutôt bonne sur les sujets internationaux. Les discussions sur le protocole de Kyoto (dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, NDLR) sont emblématiques : la ministre s’est bien battu à La Haye et pendant la présidence française de l’UE tandis que le plan national de lutte contre l’effet de serre n’était qu’un ramassis de mesurettes. C’est évidemment lié à la difficulté des Verts à s’imposer sur la scène nationale."
Jacky Bonnemain, porte-parole de Robin des Bois :
"Pour nous, Dominique Voynet a été un très mauvais ministre. Que ce soit sur le nucléaire, la pollution de l’eau ou la chasse, rien n’a été fait. Que du bla-bla ! Le pire de tout, ce fut l’Erika. Et on l’a eu sur le dos pendant quatre ans, c’est énorme pour ce poste. Le plus gênant, c’est qu’elle a réussi à s’engueuler avec tout le monde, y compris avec nous. Un Vert ne peut pas faire un bon ministre de l’Environnement dans les conditions actuelles car les Verts sont tenus en laisse par le PS. Ils n’ont pas de liberté de manœuvre et une toute petite liberté de parole, d’impertinence. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont incompétents."
Franck Laval, président d’Ecologie sans frontière :
"Dominique Voynet n’a rien fait de mal… elle n’a rien fait du tout ! En particulier sur la pollution de l’air, un thème qui nous est cher et qui est la première préoccupation des Français, elle n’a même pas mis en place les directives européennes existantes. Et vous allez voir qu’après sa démission, on va entendre Dominique Voynet plus souvent !"
Michel Métais, directeur de la Ligue de protection des oiseaux :
"Sur les aspects énergétiques et l’aménagement du territoire, Dominique Voynet a réussi à infléchir la politique française et à ouvrir les débats. Elle a également relancé Natura 2000, une directive de 1992 sur la protection du patrimoine naturel, que Juppé avait gelée en 1995. En revanche, elle a signé l’arrêt de mort des 150 réserves naturelles françaises en permettant indirectement que leur gestion soit décentralisée au niveau des régions. En matière d’agriculture, elle avait un discours correct mais ses actes n’ont pas suivi : elle a manqué d’influence et ne s’est pas suffisamment appuyée sur le monde associatif. Sur la loi chasse, elle aurait dû obtenir des choses plus concrètes au lieu de quoi elle s’est enfermée dans des marchandages sans fin qui ont été annulés par le Conseil d’Etat. Qu’il y ait des luttes d’influences avant le vote des textes, c’est normal mais une fois que la loi existe, il faut l’appliquer."
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